La dernière actu de l’année : le FN choisit ses journalistes, France Télévisions se netflixise

Présidentielle.
Front National, le mauvais presse sentiment

À quelques heures des résultats, et face à sa défaite annoncée, le Front National a privé de nombreux médias de leur accréditation. Provoquant un mouvement de boycott parmi les titres de presse non-bannis.

Le dimanche 7 mai, jour du second tour de l’élection présidentielle, plusieurs médias se sont vu refuser l’accès au quartier général du Front National. Parmi eux, les sites d’information en ligne Rue89, StreetPress, Explicite, Brut, Konbini, Buzzfeed, Mediapart, mais également les équipes de l’émission de Yann Barthès Quotidien et de chaînes de télévision internationales dont SkyNews (Grande-Bretagne) et la Rai (Italie).

Le parti frontiste a justifié ces évictions par un « manque de place » dans son QG. En signe de protestation, plusieurs autres titres ont décidé de boycotter la couverture de la soirée.

 

Libération a également fait partie des absents « volontaires », dans la lignée de son combat non-dissimulé contre Marine Le Pen, comme en témoigne sa Une de la veille du second tour.

Les médias qui ont décidé d’annuler leur venue ont reçu un large appui sur les réseaux sociaux. Si la presse nationale s’est en partie exclue volontairement de la soirée, les grandes chaînes télévisées ont toutefois maintenu leurs équipes sur place.

Quid de ceux qui sont restés ? A 20 heures dimanche, le HuffPost publiait un article dénonçant une sécurité intrusive dans le travail des journalistes. Au programme pour les envoyés sur place : fouille des sacs, surveillance scrupuleuse des services d’ordre du parti et entassement dans une salle minuscule.

Des événements qui font malheureusement écho au classement de Reporters sans Frontières sur la liberté de la presse, évoqué dans notre publication de la semaine dernière, qui classe la France 39è pays sur 180 en la matière, loin derrière l’Afrique du Sud ou encore le Costa Rica.

A noter que dans le même temps, les médias pro-russes Russia Today et Sputnik n’ont pas pu accéder au QG d’En Marche !, où l’on fêtait la victoire d’Emmanuel Macron.


Audiovisuel public.
France Télévisions lance sa révolution à la Netflix

Le groupe lance une nouvelle plateforme en ligne, France.tv, qui regroupe l’accès à l’ensemble de ses programmes.

Adieu Pluzz, Francetvinfo.fr et consorts. France Télévisions a lancé cette semaine sa nouvelle plateforme de visionnage en ligne : France.tv.

Le concept, très bien expliqué sur cette courte vidéo, c’est la centralisation de l’accès aux programmes de l’ensemble des chaînes du groupe public. « Si vous tapez aujourd’hui “Rendez-vous en terre inconnue” dans un moteur de recherche, trois ou quatre sites différents remontent : celui de la chaîne, le replay, la VOD », explique au journal Le Monde le directeur délégué chargé de la vidéo à la demande Julien Borde. En reprenant cet exemple, france.tv regroupera l’ensemble des contenus liés à l’émission de Frédéric Lopez.

Ces dernières années, les sites permettant l’accès aux vidéos de France Télévisions avaient eu tendance à s’accumuler. Environ 300 sites seront fermés, et leurs contenus centralisés sur France.tv.

France Télévisions prend ainsi le pli de l’évolution des modes de consommation vers le replay et la VOD, avec l’objectif d’atteindre 1 milliard de vues mensuelles en 2020, contre moitié-moins aujourd’hui.

Cette plateforme intuitive et simplifiée à l’extrême est largement inspirée du modèle de Netflix. Et l’inspiration va même bien au-delà, puisqu’une option payante sera également proposée à partir de septembre, avec l’accès premium à la vidéo à la demande et aux créations de neuf sociétés de production françaises.


Photojournalisme.
60 euros et puis c’est tout

Par voie de décret, le gouvernement a décidé de fixer à 60 euros la rémunération minimale de la pige de cinq heures. Les photojournalistes s’insurgent. 

Dans un communiqué du Syndicat national des journalistes, relayé par Acrimed, les photojournalistes se sentent trahis par ce qu’ils appellent le « dernier coup bas du quinquennat Hollande ».

60 euros la commande pour « un temps minimum d’exécution » de cinq heures. Un tel salaire ne permettra pas aux photographes rémunérés à la pige de vivre décemment. Il ne leur permettra pas non plus de renouveler leur matériel. – SNJ

Pour en savoir plus, le texte paru au Journal officiel est disponible ici.

 



Ailleurs dans le vaste monde des médias…

  • Opération datavisualisation réussie pour le partenariat Microsoft – France Télévisions. Les deux marques se sont associées lors des deux soirées de l’élection présidentielle pour permettre une visualisation en direct des résultats sur la carte de France. L’installation d’écrans tactiles géants dans la rédaction de France Info a été pensée dans l’objectif de promouvoir ce type d’opérations de datajournalisme live.

  • Ce que veulent les annonceurs ? De l’innovation dans les médias ! L’Ifop a interrogé des annonceurs pour connaître leurs critères de sélection des médias dans lesquels ils choisissent de payer des espaces publicitaires. Résultat : l’innovation, qu’elle soit éditoriale ou dans un but d’interactivité, est la clé de l’attractivité pour les annonceurs. Loin devant la diffusion de vidéos ou la création de contenus en réalité virtuelle.  Les résultats de l’étude sont à voir ici.

  • Le mercato estival des journalistes commence toujours plus tôt. Patrick Cohen a annoncé, le mercredi 10 mai, qu’il quitterait le micro France Inter où il anime la première matinale de France (près de 2 millions d’auditeurs quotidiens) pour rejoindre Europe 1 à la rentrée. Nicolas Demorand, à la tête de la matinale d’Inter de 2006 à 2010, retrouvera sa place en septembre aux côtés de Léa Salamé.

  • Le New-York Times a connu un premier trimestre 2017 très prospère. Le titre américain a gagné près de 350.000 abonnés en ligne sur le début d’année, largement boosté par l’arrivée au pouvoir de Donald Trump. Sur un an, les revenus issus du journal papier sont également en hausse de plus de 11%. La recherche d’une information fiable de la part des américains, qui explique ces résultats, permet d’équilibrer les pertes en revenus publicitaires.

 

Tom CARIOU



C’était la dernière pour cette année.

Nous vous souhaitons à tous un très bel été.

On se quitte sur la meilleure campagne de promotion de l’année.

L’actu médias de la semaine : mois d’avril, mois d’abîmes

Démission de chroniqueur, suspension d’antenne et constat alarmant sur la situation de liberté de la presse dans le monde. Si tu as perdu le fil de la fin avril, voici un petit recap sur cette semaine riche en abîmes !

Le principe de neutralité, la nouvelle pomme de discorde

Audrey Pulvar, journaliste et présentatrice chez CNews, est suspendue d’antenne depuis le 27 avril. Le motif ? La présentatrice a signé une pétition féministe en faveur d’Emmanuel Macron, lancée par Laurence Rossignol, la ministre de la famille, de l’enfance et des droits des femmes.

Ce qui n’a pas plu à la chaîne CNews, qui justifie la décision de suspendre d’antenne la présentatrice en mentionnant  » la nécessité d’un devoir de réserve » des journalistes qui ne doivent pas dire pour quel candidat ils votent. Audrey Pulvar devra donc attendre le 7 mai prochain pour reprendre l’antenne à CNews. Mais, si Audrey Pulvar ne peut plus faire entendre sa voix sur CNews pour le moment, elle ne se terre pas dans le silence pour autant. Dimanche 29 avril, Le Monde a publié une tribune intitulée  » Une léthargie nationale » rédigée par la journaliste sur le site internet du média, dans laquelle elle critique l’absence de mobilisation face à la présence du Front National au second tour de l’élection présidentielle.
Cliquer pour lire la tribune d’Audrey Pulvar

Quand les élections présidentielles creusent des abîmes entre les chroniqueurs de France Inter

Pierre-Emmanuel s’est … barré de France Inter. Jeudi 27 avril, l’humoriste et chroniqueur Pierre-Emmanuel Barré a quitté France Inter. La cause de cette démission ? L’humoriste mentionne « la censure » que la station de radio a exercé à l’égard de l’une de ses chronique, l’empêchant ainsi de faire un sketch en faveur de l’abstentionnisme qu’il revendique pour ce second tour des élections présidentielles. L’humoriste a posté sur sa page Facebook personnelle, une vidéo de la chronique censurée par France Inter. Puis, il a informé le journal Le Parisien de sa démission de chez France Inter.

Loin d’être un flop, sa chronique postée sur sa page Facebook a atteint plus de 7 millions de vues.
Trois humoristes de France Inter, Charline Vanhoenacker, Alex Vizorek et Guillaume Meurice, ont contesté cette accusation de « censure » et affirment que la chaîne avait, par la suite, offert à Pierre-Emmanuel Barré la possibilité de lire sa chronique à l’antenne « sans changer un mot ».

La liberté de la presse au bord de l’abîme

Mercredi 26 avril, l’ONG Reporters sans frontières a publié son classement mondial de la liberté de la presse 2017 et a dressé un bilan inquiétant de la situation de la presse dans le monde (plus précisément , les 180 nations qui ont été recensées ). « Jamais la liberté de la presse n’a été aussi menacée », affirme l’ONG, tirant ainsi la sonnette d’alarme. Non-respect du secret des sources, attaques anti-médias, répression à l’égard des journalistes : la situation de la liberté de la presse s’aggrave dans certains pays.

Cliquer ici pour consulter la carte interactive du classement.

Les Etats-Unis, qui prônent la liberté de la presse, d’ailleurs inscrite dans le premier amendement de leur constitution, s’est vu reculer de deux places dans le classement, arrivant à la 43ème place (sur 180). Le Royaume-Uni a également perdu deux places dans le classement, occupant la 40ème place. « L’arrivée au pouvoir de Donald Trump aux Etats-Unis et la campagne du Brexit au Royaume-Uni ont offert une caisse de résonance au « média bashing » et aux fausses nouvelles », explique l’ONG Reporters sans frontières.
Et la France ? L’Hexagone a, quant à elle, bien remonté dans le classement, passant de la 45ème place en 2016 à la 39ème place. Mais l’ONG rappelle la grève du mois d’octobre 2017 à i-Télé, protestation contre l’arrivée de l’animateur Jean-Marc Morandini, qui s’était conclue par la démission de nombreux journalistes de la chaîne. L’ONG critique également les pressions qu’exerce le groupe Vivendi, propriété de Vincent Bolloré, sur les médias qu’il possède.
L’indice utilisé par l’ONG Reporters sans frontières afin d’évaluer la situation de la liberté de la presse dans le monde a nettement augmenté entre 2013 et 2017, montrant ainsi que la liberté de la presse est de plus en plus menacée.

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Sur le podium des pays qui respectent le plus la liberté de la presse, la Scandinavie domine : la Norvège occupe la première place, puis la Suède (2ème)et la Finlande (3ème). La médaille en chocolat revient au Danemark qui arrive à la 4ème place du classement.
Et comme vous devez sûrement vous en douter, la dernière place du classement (soit la 180ème) est occupée par la Corée du Nord. Après tout, ce n’était pas un casse-tête chinois !

En bref cette semaine :

  • Jeudi 28 Avril, 29 médias ont signé un communiqué dans lequel ils dénoncent l’ « entrave à la liberté » d’informer faite par le Front National. Selon le communiqué, le Front National choisit les médias autorisés à suivre la candidate Marine Le Pen.   « Plusieurs titres de presse ont ainsi vu leur représentant tenu à l’écart de toute information et de toute possibilité de suivi sur le terrain de la candidate du Front National », alarme le communiqué, rappelant qu’ « il n’appartient pas à une formation politique, quelle qu’elle soit, de décider des médias habilités à exercer leur rôle démocratique dans notre société ». Parmi les médias qui ont signé ce communiqué, on trouve notamment BFM TV, Le Figaro, Le Monde, Mediapart et France Info.
    Cliquer ici pour lire le communiqué
  • Aux Etats-Unis, Donald Trump a préféré fêter ses 100 premiers jours de présidence entouré de ses partisans lors d’un meeting organisé à Harrisburg, en Pennsylvanie, plutôt que d’assister au traditionnel dîner de l’Association des Correspondants de la Maison Blanche, à Washington D.C. , auquel assistent les journalistes couvrant l’actualité autour du président. Donald Trump n’a pas l’air de porter les médias dans son cœur !
  • Le débat d’entre-deux-tours du mercredi 3 mai entre les candidats Emmanuel Macron et Marine Le Pen, sera présenté par les journalistes Nathalie Saint-Cricq, chef du service politique de France 2 et Christophe Jakubyszyn, directeur adjoint du service politique de TF1-LCI. Le choix de ce duo de journalistes respecte donc la parité.
  • Le journaliste Patrick Cohen , figure (ou plutôt voix) emblématique de France Inter, est en discussions avancées pour rejoindre la station de radio privée Europe 1, propriété du groupe Lagardère.
  • François Fillon a récemment porté plainte contre le journal Le Carnard enchaîné pour avoir publié des articles au sujet des emplois fictifs présumés des membres de sa famille. Cette information a été confirmée par l’entourage de l’ex-candidat des Républicains auprès de l’AFP, mercredi 2 mai.

Et pour finir cette actu médias sur une info positive qui redonne le sourire …


L’application « Ni plus, ni moins », lancée en mars 2017 au Royaume-Uni par quatre étudiants français, compte déjà plus de 400 abonnés et voit son nombre d’utilisateurs doubler toutes les semaines. « Ni plus, ni moins » permet de lire un résumé de l’actualité sous la forme d’une conversation Messenger. Et comme dans toutes les conversations, l’utilisateur n’est pas passif : au contraire, lors de cette conversation virtuelle avec un robot, il peut opter pour « plus ! » et « encore » pour obtenir plus d’informations sur un sujet ou cliquer sur « Next » pour en changer. Grosso modo, chatter avec l’actu ! L’application est largement utilisée par un public jeune, puisque 95% des abonnés ont entre 18 et 24 ans.

La phrase du premier tour : « La presse, on t’encule ! »

L’actualité des médias a été marquée cette semaine par le premier tour des élections présidentielles. « Les médias » sont accusés d’avoir permis l’accession de Marine Le Pen au deuxième tour en ayant disqualifié François Fillon par leur « acharnement ». Enquêtons donc un peu sur le véritable pouvoir d’influence des médias et leur juste place dans la démocratie.

La faute aux médias ?

Dès le débat sur TF1, le 20 mars dernier, Nicolas Dupont-Aignan dénonçait la partialité des médias. TF1 avait fait le choix de n’inviter que les 5 candidats favoris des sondages, ne laissant pas les 6 autres s’exprimer. Forcément, cela pose un problème démocratique…

Le coup de gueule de Dupont-Aignan a eu le mérite de faire le buzz (la vidéo a été regardée 10 millions de fois sur You Tube) et d’avoir réussi son coup : le grand débat du 4 avril, diffusé par BFM TV et C News a été animé par les candidats au nombre complet.

Le 20 avril, soit trois jours avant le premier tour, le leader de Debout, la France ! revient à l’attaque. Sur France 2, dans l’émission « 15 minutes pour convaincre », il lit les SMS qu’un « grand patron de presse » lui aurait envoyés, dénonçant le boycott et la censure pratiquée par certains journaux. Après l’émission, Nicolas Dupont-Aignan a affirmé au journal Marianne que ce patron est Serge Dassault, le propriétaire du Figaro.

Mais l’attaque la plus récurrente et la plus amère contre les médias vient du camp Fillon. Tout au long de la campagne, depuis les révélations du Canard enchaîné concernant l’affaire des emplois fictifs, Fillon n’a de cesse de dénoncer « l’acharnement médiatique » orchestré contre lui aux profits de l’Elysée et du candidat Emmanuel Macron. Lors de sa défaite au premier tour, Fillon dit bien qu’il en assume « la pleine responsabilité » tout en déclarant qu’on lui a barré la route à l’aide d’obstacles « trop nombreux et trop cruels ».

Mais ce sont les militants LR qui utilisent les propos les plus forts, à la limite de la théorie du complot:

Une accusation à laquelle répond France Inter par la voix de Jean-Marc Four, directeur de la rédaction. Il explique que jamais les médias n’ont été la cible de tant d’attaques injustifiées: « Les médias ont informé, pas désinformé ». Il affirme qu’à France Inter, tout au long de la campagne, il a reçu de nombreuses lettres d’électeurs de tous les partis, se plaignant de la façon dont leur candidat était traité à l’antenne. Il conclut: « Chacun voit midi à sa porte. »

Pour écouter le podcast, cliquez ici.

Les médias traditionnels ont été les plus influents de la campagne

Les médias traditionnels, à savoir la télévision et la presse écrite, ont été les grands gagnants de cette campagne électorale. Les réseaux sociaux n’ont pas eu le rôle principal comme on aurait pu s’y attendre. En effet, les grands débats télévisés ont été suivis par 10 millions de téléspectateurs le 20 mars, et plus de 6 millions, le 4 avril. Les couvertures nombreuses d’Emmanuel Macron, notamment celles de L’Obs, lui ont apporté la notoriété qui lui faisait défaut en début de campagne.

Les Echos montrent par l’infographie suivante l’impact des débats télévisés sur le vote des citoyens et donc, le rôle clé de la télévision durant la campagne présidentielle :

« Facebook, Twitter, BuzzFeed, le hacking supposé par les Russes, etc., tout cela a eu une influence bien plus faible qu’anticipé » constate la spécialiste de l’économie des médias, Julia Cagé.

Les raisons ? C’est simple. La proportion des jeunes de moins de 20 ans est inférieure à la population de 60 ans et plus. Les Français sont donc, en général, plus enclins à consommer des médias traditionnels aux informations transmises par les réseaux sociaux, utilisés par les plus jeunes. Donc pas de panique, la révolution numérique est toujours en marche !

Utiliser les réseaux sociaux devient une responsabilité citoyenne

Dans son livre A-t-on encore besoin des journalistes ? , Eric Scherer explique que les usagers des réseaux sociaux sont des médias. Ils captent, puis transmettent l’information aux autres internautes. C’est désormais sur Facebook et Twitter que les jeunes s’informent, et non plus via les médias traditionnels qui vivent une des plus graves crises de confiance de leur histoire. Seulement, l’usage des réseaux sociaux rend aisé la propagation virale de Fake news. C’est pourquoi dans le contexte de l’état d’urgence, l’Etat lance une campagne de sensibilisation quant à l’usage des réseaux sociaux : ne diffusez qu’une information que vous savez fiable et vérifiée !

Pour vous aider dans ce travail citoyen, Le Monde lance un nouvel outil : Décodex. Cet outil permet de juger la fiabilité d’une information ou d’un site-web. Il s’agit d’une extension au navigateur internet.

Mais pas de panique, Google a annoncé ce mardi qu’il nous faciliterait la tache ! 15% des recherches sur le web concernent les informations. Après quelques incidents, dont un l’an dernier, lorsque Google  a affiché en premier résultat un article négationniste avant tous les autres, le géant d’internet décide de réagir. L’équipe de Google sera désormais en charge de traquer les « informations trompeuses, les résultats offensifs inattendus, les fausses informations et les théories de conspiration ». Les internautes auront également le moyen de signaler ce genre de contenus. Il y a quelques mois, Facebook a eu la même initiative. Le fait est que les Fake news ont pu tromper et influencer les électeurs américains lors de l’élection présidentielle en 2016.

Avant le premier tour, les hauts et les bas de l’actu des médias

Journalistes malmenés, journalisme en danger, et un nouveau média fut créé : c’est parti pour la revue des médias de la semaine.

France 2, France Inter, RMC et Le Monde : à quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle, des candidats imprévisibles

« 15 minutes pour convaincre », c’est finalement le nom que portera l’émission du jeudi 20 avril sur France 2. La chaîne a confirmé mardi, dans un communiqué, qu’elle aurait bien lieu.
Pour rappel, il avait été à l’origine prévu que les 11 candidats à la présidentielle échangent dans un cadre similaire au débat du 20 mars. Un tableau assombri par le refus de Jean-Luc Mélenchon d’y participer, au prétexte d’un emploi du temps trop chargé, et par le scepticisme d’Emmanuel Macron. Pour s’assurer la participation d’un maximum de candidats, France 2 a donc proposé un format différent…

Un format qui devient le suivant : quinze minutes d’entretien par candidat, portant sur deux thèmes déterminés par la rédaction de France 2, ainsi qu’un thème choisi par David Pujadas et Léa Salamé, les deux présentateurs de l’émission. Suite à ces entretiens, chaque candidat aura un « droit de réponse », soit deux minutes trente secondes pour s’exprimer. Les candidats ont été tirés au sort pour l’ordre de passage

À deux jours de l’échéance, Manuel Bompard, directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon, a tout de même rappelé, après publication du communiqué de France 2, que le candidat de la France insoumise attendait des garanties écrites avant de certifier sa participation.

Mais certains médias ont moins de chance : Marine Le Pen a, la semaine dernière, annulé sa venue sur France Inter, où elle devait être interrogée par Patrick Cohen.

Cette semaine, c’était au tour de Jean-Jacques Bourdin de se faire planter, mais par François Fillon cette fois.

Le journaliste de RMC affirmait samedi que le candidat Les Républicains aurait refusé la seconde date lui ayant été proposée. Conséquence : François Fillon n’est pas venu pour l’émission, c’est François Baroin, chargé du « rassemblement politique » pour sa campagne, qui l’a remplacé. Mais Jean-Jacques Bourdin non plus n’était pas présent ; il avait décidé de boycotter sa propre émission, et s’est fait remplacer par un collègue.

Enfin, mercredi 19 avril, Le Monde a publié un court article expliquant renoncer à un entretien politique avec le même François Fillon. Et pour cause, le candidat Les Républicains avait posé comme condition que le quotidien n’aborde pas la question des affaires pour lesquelles il a été mis en examen.

« Nous avons refusé parce qu’il nous semblait indispensable d’interroger François Fillon sur la moralisation de la vie publique, sujet essentiel du débat démocratique en cours. Et parce qu’il nous semble évident, par ailleurs, que les hommes et femmes politiques n’ont pas à décider des questions qui leur sont posées. »

Un enjeu déontologique majeur qu’il semble néanmoins nécessaire de rappeler aux candidats à la présidentielle.

Quelles propositions pour les médias ?

À l’heure de la campagne, les candidats proposent. Pour les jeunes, l’emploi, la moralité de la vie politique… Et, ah, oui, pour les médias, aussi. C’est un thème peu porteur, mais il existe. Acrimed et L’INA ont publié cette semaine des récapitulatifs des propositions des candidats en lice, et le second propose même un quizz. Pour tester vos connaissances sur les programmes des candidats pour les médias, c’est par ici.

Indépendance, lutte contre la concentration, financement, et protection des lanceurs d’alerte sont des thèmes qui mobilisent les candidats, ou, du moins, une partie du programme de sept d’entre eux, puisque Nathalie Arthaud, Jacques Cheminade, Nicolas Dupont-Aignan, et François Fillon ne font pas de propositions pour les médias.

Un autre regard sur la campagne

Pendant ce temps-là, et avec l’aide de Basta Mag !, la Coordination permanente des médias libres et Médias citoyens s’associent et créent un dossier numérique intitulé « N’autre campagne, les élections 2017 vues par les médias libres ».

Dans ce dossier, il est possible de choisir entre des articles portant sur le triste spectacle de ces dernières semaines, et d’autres, qui abordent le rêve d’une « autre campagne », des raisons d’espérer, et de croire encore en la démocratie. Les médias associés pour la production de ce dossier se revendiquent d’un journalisme au rôle actif, « ne serait-ce que par l’organisation et l’animation de débats, par l’éducation aux médias ou par la dimension participative d’un journalisme participatif qui donne de la voix aux sans-voix. »

La presse en danger !

Reporter Sans Frontière a publié mercredi 18 avril son classement mondial de la liberté de la presse 2016, et… la France a mauvaise presse. Un mauvais jeu de mot pour une triste situation, puisque le pays « des droits de l’homme » est passé de la trente-huitième place à la quarante-cinquième sur cent quatre-vingt pays, et a vu sa note se dégrader. Nous sommes maintenant positionnés derrière le Burkina Faso, le Botswana, et Trinité-et-Tobago.

Les raisons de cette dégringolade ? RSF pointe le paysage médiatique français « largement constitué de groupes dont les propriétaires ont d’autres intérêts que leur attachement au journalisme« , mentionne les grèves des journalistes d’iTélé au dernier trimestre 2016, ainsi que des violences croissantes envers les professionnels des médias, à l’occasion des manifestations contre la Loi « Travail », du démantèlement de la « jungle » de Calais, et de la campagne présidentielle notamment.
Pour rappel, sur ces sujet, on peut aller voir la très bonne revue de liens de Marion Mauger, dans laquelle elle abordait la sortie de Médias, les nouveaux Empires, une enquête de Richard Sénéjoux et Amaury de Rochegonde sur la concentration des médias, et les violences perpétrées à l’encontre des journalistes au meeting de François Fillon.

À propos de violences et de meeting, des journalistes ont encore fait les frais de violences lundi 17 avril, à l’occasion du meeting du candidat Les Républicains à Nice. Selon le quotidien Marianne, trois d’entre eux se sont fait « cracher dessus et molester ».

Hortense Gérard, JRI pour BFM TV, a reçu plusieurs crachats.

Quant à David Perrotin, journaliste pour BuzzFeed News, il a lui aussi été agressé, alors qu’il filmait, avec son collègue Paul Aveline, une interpellation en marge du meeting. Tandis que le premier se fait tirer par le col par des agents de sécurité, le second en capture des images et se fait menacer. C’est seulement en promettant de publier leur témoignage, vidéo à l’appui, que l’équipe de François Fillon a exigé que les agents lâchent David Perrotin.

Ces violences ne sont pas nouvelles. Preuve s’il en est, la publication par Streetpress d’une enquête intitulée « Journalisme en état d’urgence », dans le cadre de la mobilisation du collectif Informer n’est pas un délit et de Reporter Sans Frontière.

Interrogés par Streetpress dans le cadre de cette publication, une quinzaine de journalistes, pigistes ou postés, témoignent de façon détaillée des atteintes faites à leur encontre par la police et les services de renseignements.

Média audio payant : le pari de BoxSons

Des contenus audio payants, se démarquant des breaking news et du journalisme de studio, c’est le pari fait par Candice Marchal et Pascale Clark, qui viennent de fonder BoxSons. Ce pureplayer, lancé le 18 avril, fonctionne uniquement par abonnement. À l’écoute : reportages, documentaires, entretiens aux formats longs, et aux sujets variés, mais réalisés sur le terrain. Le site est en ligne, l’application devrait arriver dans quelques semaines.

BoxSons s’inscrit dans la veine du slow journalism (« journalisme lent », d’enquête et de fond, par opposition au journalisme d’urgence et de breaking news), mais il surfe aussi sur la vague des podcasts, de plus en plus à la mode.
Grâce à la plateforme de financement participatif Ulule, ce nouveau média a récolté plus de 50.000€, suffisamment pour lancer le mouvement. BoxSons se donne maintenant l’objectif de 6000 abonnés en trois ans, afin d’atteindre l’équilibre financier.

Ailleurs, dans l’actualité des médias…

Atout France, l’agence de développement touristique de la France, et France Média Monde (les médias français internationaux RFI, France 24, et Monte Carlo Doualiya) ont signé un accord de partenariat, mercredi. Leur objectif : renforcer « l’attractivité de la destination France ». Atout France gagne notamment le droit de diffuser sur ses supports numériques les contenus libres de droits des chaînes France Média Monde.

• La radio publique Ici Radio Canada a annoncé mardi que TC Transcontinental, grand groupe éditorial canadien, mettait en vente 93 titres localisés en Ontario et au Québec.

• En France et outre-Atlantique, la fonctionnalité de Facebook Instant Article déçoit. Le New York Times, un des premiers journaux à l’avoir adopté, a même cessé de publier sous ce format. Le problème : une monétisation des contenus insuffisante. En savoir plus.

Entre campagne présidentielle et jeux de pouvoir c’est parti pour l’actualité des médias!

Une égalité de temps de parole stricte entre tous les candidats de la présidentielle, des journalistes malmenés lors d’un meeting de François Fillon, la sortie d’une enquête sur les milliardaires à la tête des plus grands groupes médiatiques, l’actualité des médias est placée sous le signe de la politique et du pouvoir cette semaine.

Une égalité stricte entre les candidats

Depuis lundi 10 avril, la campagne présidentielle est entrée dans sa troisième période dite de « campagne officielle« . Ainsi trois nouvelles règles entrent en vigueur pour les médias :
– Une égalité du temps de parole
– Une égalité de temps d’antenne
– Des conditions de programmations comparables

De plus les médias sont contraints de diffuser les spots de campagne, c’est-à-dire quarante-deux minutes par candidat jusqu’à la fin de la campagne, autant de temps que les médias perdent sur leur programmation habituelle.

Le conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) justifie ce passage de l’équité à l’égalité du temps de parole entre les candidats par le pluralisme et la parité. Pour Sylvie Pierre-Brossolette, membre du CSA et ancienne rédactrice en chef de l’hebdomadaire Le Point, « ces règles sont nécessaires pour protéger les chaines et les candidats des lobbies ». C’est en tout cas ce qu’elle affirme dans le 7/9 de France Inter lundi.

Une égalité du temps de parole et d’antenne qui n’a pas manqué d’agacer certains. C’est le cas par exemple de Frédéric Métézeau, chef du service politique de France Inter. Il a exprimé son mécontentement dans une chronique lundi dernier. Pour lui, « le pluralisme, c’est donner la parole à tout le monde dans de justes proportions, ce n’est pas l’égalité arithmétique ». Selon lui, cette égalité stricte de temps de parole imposée par le CSA va à l’encontre même du métier de journaliste qui constitue à hiérarchiser l’information et ainsi, faire des choix. Il explique également que le découpage de la journée en quatre tranches horaires est inadapté aux nouvelles formes de consommation de l’information. A l’heure du replay et du podcast, les temps de l’information ne devrait plus se pensaient de façon linéaire. Une chronique a retrouver ici.

Ça chauffe pour les journalistes au meeting de François Fillon!

Ambiance plus que tendue dimanche dernier au meeting de François Fillon Porte de Versailles. Le journaliste Louis Morin s’est fait expulsé violemment par un agent de sécurité à la fin du discours. Insultée, menacée, malmenée l’équipe du Petit Journal déplore également des dégâts matériels puisqu’une caméra et un téléphone ont été cassés. Selon lui, les journalistes sont habitués à recevoir des insultes mais il affirme n’avoir jamais vu un tel niveau de violence lors d’un meeting. Louis Morin a porté plainte contre l’agent de sécurité du candidat Républicain. Selon l’AFP, le vigile d’abord mis en garde à vue a été auditionné, puis relâché.

Lors de ce même meeting, Hugo Clèment a également subi des violences physiques. Cette fois-ci de la part d’un militant qui lui a mis une gifle. Le journaliste de l’émission Quotidien a lui aussi déposé plainte. Il affirme cependant que le service de sécurité est rapidement intervenu pour calmer les esprits.

François Fillon, interrogé par Le Figaro sur les évènements lors de son meeting, a affirmé qu’il condamnait ces violences. Pour autant, il a ajouté : « j’invite ces journalistes à se poser la question : Pourquoi est-ce que dans les meetings, il y a une crispation à leur égard ? Chacun doit se poser des questions…« .

 

Qui se cachent derrière les grands groupes médiatiques?

Cette semaine est également marquée par la sortie de Médias, les nouveaux empires. Richard Sénéjoux, reporter pour Télérama et Amaury de Rochegonde, rédacteur en chef adjoint chez Stratégies ont mené une enquête sur les coulisses des empires médiatiques. En 288 pages, les deux journalistes interrogent en particulier l’indépendance des médias. Alors que la sortie de l’ouvrage est prévu aujourd’hui même, L’Obs a dévoilé mardi des extraits de l’enquête sur son site internet.

Au cours de son histoire, l’univers médiatique n’a jamais été autant concentré, à sa tête on peut citer entre autres :

 

Dans un souci d’objectivité et pour éviter d’éventuels conflits d’intérêts, les deux journalistes précisent qu’ils n’ont pas travaillé sur leur groupe respectif, SFR Media et le groupe Le Monde. Ainsi ce qui relève de Xavier Niel a été écrit par Amaury de Rochegonde alors que les pages concernant Patrick Drahi sont issues de la plume de Richard Sénéjoux.

En bref cette semaine…

  • Lundi, le Consortium international des journalistes d’investigation, « McClatchy  » et le « Miami Herald » à l’origine de l’enquête sur les Panama Paper, ont remporté le prix Pulitzer du « reportage explicatif ». En savoir plus
  • Hier, le journal britannique « Daily Mail » a présenté ses excuses à Melania Trump devant la Haute Cour de Londres et a accepté de lui verser trois millions de dollars de dommages et intérêts pour avoir affirmé en septembre dernier que la First Lady avait officié comme escort girl dans les années 90. En savoir plus
  • Le Parisien lance La Parisienne sur mobile. Cette déclinaison du Parisien existait déjà sous forme de supplément mensuel. Cette nouveauté représente un investissement de 5 millions d’euros. L’objectif est de doubler le chiffre d’affaires actuel du titre, qui s’élève à 1 million d’euros. En savoir plus

Semaine de l’éthique journalistique

Une journée d’engagement pour la liberté de l’information, un fonds de lutte contre les Fake News et la bonne santé économique de France Télévisions, ce sont les actualités principales chez les médias cette semaine.

#Liberté Égalité Informés

Le mercredi 5 avril, c’était l’occasion pour le collectif « Informer n’est pas un Délit » et Reporters sans Frontières d’organiser une journée de mobilisation pour la liberté de l’information en France. A l’heure de la post-vérité, quelques médias français comme Médiapart, Les Jours, Explicite, Causette, Reporterre, France Inter, Télérama, Bastamag, et XXI (et d’autres) ont décidé de s’associer pour interpeller les candidats aux élections présidentielles. Il relayent le message de collectif « Informer n’est pas un délit » qui a 5 revendications claires :

  • Lutter contre la concentration des médias et assurer la transparence de la propriété des médias
  • Faire adopter une nouvelle loi sur la protection du secret des sources
  • Lutter contre les procédures abusives contre les journalistes
  • Créer un délit de trafic d’influence appliqué au champ de l’information
  • Faciliter et élargir l’accès aux documents publics pour tous

logo de informer n'est pas un délit

L’occasion pour Bastamag de rappeler la concentration des médias :

Quelques jours auparavant c’était au SNJ, le principal syndicat de journalistes de dénoncer le « jeu dangereux » des candidats Fillon et Le Pen par rapport aux médias.

Communiqué du SNJ : l'information est un bien public

Communiqué du SNJ

14 millions contre le Fake

Facebook part en guerre contre les « Fake News », ces fausses informations qui polluent et pullulent sur les réseaux sociaux. Le projet, le « News Integrity Initiative » réunit différentes associations caritatives et universités. Plusieurs buts : « faire avancer l’intégrité journalistique, rétablir la confiance en les médias dans le monde, et améliorer l’information disponible pour tous ». 14 millions de dollars sont disponibles pour des projets de recherche et réunions d’experts sur ces sujets.

Logo Facebook

Une œuvre caritative

La Fondation Ford, le fonds philanthropique de Craig Newmark, le fondateur du site de petites annonces Craiglist, ou Mozilla, le concepteur du navigateur Internet Firefox font partie des donneurs du fonds. Le projet sera dirigé par Jeff Jarvis, un professeur réputé de l’école de journalisme de l’université publique de New York. Du côté des partenaires européens déjà annoncés, on retrouve le centre européen du journalisme et l’école de journalisme de Sciences Po Paris par exemple.

Campbell Brown, à la tête de la partie média de Facebook précise: « à l’aune du projet journalistique de Facebook, nous voulons donner aux gens les outils nécessaires à analyser les informations qu’ils lisent en ligne, améliorer l’éthique journalistique est un problème mondial, et ces différents groupes associés avec l’université de New-York vont permettre que des experts du monde se rencontrent et travaillent à informer les communautés. ». Pour en savoir plus, c’est ici, avec Le Monde.

How to Spot Fake News

Ce mercredi, c’était au tour de Pierre Omidyar, le milliardaire et fondateur d’Ebay d’annoncer mettre à disposition sur 3 ans un fonds de 100 millions de dollars pour lutter contre les Fake News et aussi financer le journalisme d’investigation. Le Consortium des journalistes d’investigations à l’origine des Panama Papers devrait recevoir très prochainement 4,5 millions de dollars de la part du milliardaire.

 

Grâce aux Décodeurs, on peut d’ailleurs mieux comprendre le mécanisme de construction de récits alternatifs par des sites d’extrême droite, notamment grâce au relai de nombreux comptes Twitter et Facebook. C’est juste ici.

France Télévisions est bénéficiaire

Pour la première fois depuis 2012, France Télévisions se félicite de son bilan économique, au prix de quelques têtes de journalistes, certes. Selon les comptes approuvés par le conseil d’administration, le groupe réalise un bénéfice de 2,4 millions d’euros. Mais surtout, le résultat d’exploitation est passé d’une perte de plus de 30 millions en 2015 à un bénéfice de presque 9 millions d’euros et ce malgré le lancement de la chaîne d’information en continu Franceinfo qui a coûté la modique somme de 9 millions d’euros.

Source : Les Echos - les comptes de France TV

Source : Les Echos – les comptes de France TV

Une vraie réussite pour Delphine Ernotte qui a accordé une interview au magazine Les Echos. Pour 2017, elle souhaite faire de nouveaux investissements dans la grille dont le budget a diminué de 90 millions d’euros ces 5 dernières années, « on augmente le coût de la grille dès 2017 – et nous allons réformer, réorganiser la structure pour faire des économies. Cela passe par un contrôle de la masse salariale. ». C’est-à-dire un non-renouvellement d’un départ sur deux ce qui signifie 500 journalistes en moins d’ici à 2020.

La rédaction de France 2 a d’ailleurs annoncé ce mercredi que le débat du 20 avril était déprogrammé. Pour le remplacer, ce sera finalement une série de onze entretiens individuels d’un quart d’heure, menés par Léa Salamé et David Pujadas.

 

Ailleurs dans l’actu des médias

  • Des journalistes turques risquent 43 ans d’emprisonnement. Pour en savoir plus.
  • Après la mort de Shaoyo Liu, tué par la police le 26 mars à Paris, Acrimed parle du retour du « péril jaune » dans les médias, ici.
  • 6 mois après son lancement, le bouquet média de Snapchat Discover a doublé son audience et toujours pas de place pour un autre média.
  • Suite à des agressions mortelles de journalistes, le journal mexicain Ciudad Juárez cesse de paraître sur papier. Pour en savoir plus.
  • Billy O’Reilly, présentateur star de Fox News est une nouvelle fois accusé de harcèlement sexuel. Des annonceurs commencent à lâcher la chaîne.

Bilan: il reste du travail à faire pour que la liberté d’information et la liberté de la presse continuent de progresser.

De Google à France 2, les tops et les flops de l’actu média de la semaine

Bons points pour le Figaro et TF1 qui misent sur la vidéo en ligne pour attirer un public plus jeune, mais mauvaise pioche pour Google et France 2, tous les deux victimes de boycott.

Google dans la tourmente

Leader de la publicité en ligne, Google connaît une hémorragie de clients depuis qu’une enquête du Times paru le 9 mars dernier a révélé que des marques finançaient sans le savoir des sites ou vidéos de propagande terroriste ou extrémiste. Des groupes comme McDonald’s, Honda, Reuters Thomson mais aussi des campagnes d’information du gouvernement britannique pour le don du sang ou le recrutement dans l’armée rapporteraient ainsi des dizaines de milliers d’euros tous les mois à ces sites et ces publications.

Google est censé filtrer les contenus « dérangeants » afin d’éviter ce genre d’incidents mais le Times a mis en évidence l’inefficacité de ce système. Ce qui donne lieu à des mélanges absurdes comme une vidéo néo-nazi et une bannière promotionnelle pour l’association caritative Marie Curie côte à côte. Pour en savoir plus…

Le Figaro part en live

Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Alors que les annonceurs fuient Youtube du fait du scandale de « brand safety » dévoilé par le Times, Le Figaro compte en profiter en lançant Figaro Live dès Avril, un flux de vidéo live et interactif diffusé en continue sur tous les supports du titre et sur les réseaux sociaux. Pour le directeur des rédactions, Alexis Brézet, « ce lancement est aussi important que celui de lefigaro.fr aux débuts des années 2000  ». 4 studios, 30 journalistes dont 15 nouvelles recrues et 7 millions d’euros investis sur 3 ans sont mis a disposition de ce nouveau dispositif pour un budget estimé à 2 millions par an. Concrètement, le Figaro Live c’est un bulletin d’info de 7 minutes chaque heure, « le Brief », du lundi au vendredi de 9h à 19h, et deux grands débats, de 11h à 12h avec des experts et de 17h à 18h avec des éditorialistes. Il poursuivra également les émissions déjà existantes depuis 2007 comme Le Talk ou BuzzTV tout en en créant de nouvelles. Un modèle encore en construction qui avait déjà été expérimenté lors de grands événements comme les élections présidentielles américaines. L’objectif est de passer de 16 millions de vidéos vues par mois à plus de 20 millions.

En réponse à la plate-forme Brut de France Télévision, TF1 a lancé discrètement la semaine dernière TF1 One, sa propre chaîne d’information vidéo 100 % réseaux sociaux, conçue avec MinuteBuzz, dont TF1 avait annoncé en décembre le rachat d’une part majoritaire. Les vidéos fonctionnent sur le même principe : d’une durée de moins d’une minute et avec des sous titres pour une lecture sans son. Il s’agit pour TF1 de capter un public plus jeune. On trouve par exemple des extraits en musique du grand débat diffusé sur les chaînes du groupe la semaine dernière, ou encore des vidéos sur une troupe de comédiens SDF ou sur des passages piétons pour accros au smartphone aux Pays-Bas.

Le groupe Prisma Media quant à lui a fait le choix du podcast en s’associant à Deezer. Cinq titres du groupe (Capital, Femme actuelle, Business Insider, Ça m’intéresse et Voici) produiront des podcasts pour la plate-forme de streaming afin de toucher un plus large public, notamment les jeunes de 25-35 ans, et de les orienter vers la production kiosque. Pour Deezer, cela lui permet de se démarquer de ses concurrents, Apple Music et Spotify.

Tous des cancres ?

Selon “L’information à tout prix”, une étude réalisée par l’économiste Julia Cagé et les chercheurs de l’INA Nicolas Hervé et Marie Luce Viaud, 64 % du contenu media publié en ligne serait du copié collé d’autres articles, et notamment de dépêches AFP. Seulement 21 % des articles étudiés par les chercheurs sont entièrement originaux. En cause, la course au buzz, mais aussi la baisse du nombre de journalistes dans les rédactions. En France, le nombre de journalistes encartés est passé de 37 904 en 2009 à 35 238 en 2016, sans parler des États-Unis où le nombre de journaliste pourrait chuter à 6800 d’ici 2025 si la tendance se poursuit. L’étude montre aussi la rapidité avec laquelle une information publiée sur un site est reprise par les autres médias. S’il faut en moyenne trois heures, plus de la moitié des événements donne lieu à une reprise en seulement 25 minutes et un quart en 230 secondes. Cependant, moins de la moitié citent leur source qui est, dans 50 % des cas, l’AFP. En revanche, lorsqu’une information inédite est mise en ligne par un pure player, il faut en moyenne 7 heures pour qu’elle soit reprise par un concurrent ou l’AFP, le temps de vérifier l’information. Pour en savoir plus…

Mélenchon snobe le débat de France 2

Nouveau débat, nouvelle polémique. Après TF1, critiqué pour ne pas avoir invité tous les candidats, France 2 est à son tour mis en cause. Si les 11 candidats ont bien tous été invités par la chaîne, c’est la date, le 20 avril, soit deux jours avant le premier tour, qui pose problème. Le candidat de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon a donc annoncé dans un billet publié sur son blog ne pas vouloir participer au débat télévisé de France 2 :

« La chaîne ne s’est pas demandé si nous sommes d’accord pour mettre en jeu toute notre campagne 48 heures avant le vote, ni ce que nous avions prévu de faire à cette date, ni s’il est décent et conforme qu’une campagne électorale s’achève par un événement auquel il est impossible de répliquer le cas échéant »

Le candidat En Marche Emmanuel Macron, favori des sondages, a également exprimé ses réticences à participer à un second débat à 11 « de dernière minute », ce qui remet sérieusement en cause la tenue de ce débat. France 2 avait pourtant assuré avoir reçu l’accord de tous les candidats. La chaîne se défend en fustigeant « des attaques inacceptables » de la part de Jean-Luc Mélenchon à l’égard de la chaîne qu’il avait déjà attaqué en qualifiant « L’émission politique » de « traquenard », qui fonctionne « comme un spectacle, dont la volonté de mise à mort est tellement évidente qu’elle est insupportable même quand un de nos adversaires y est soumis ! ». En attendant, BFMTV et CNEWS organise le premier débat avec tous les candidats le 4 avril prochain.

Grosse colère à la une cette semaine

Un débat en comité réduit, un nouveau magazine et l’état du journalisme en France. Rien que ça pour le menu de notre revue médias.

Le club des cinq

La séquence a déjà été visionnée 13 millions de fois sur Facebook depuis samedi soir. Nicolas Dupont-Aignan, invité au JT de TF1 a quitté le plateau pour protester contre le choix de la chaine d’organiser un débat entre seulement 5 des 11 candidats à l’élection présidentielle.

La première chaine a en effet préféré n’inviter lundi que les cinq candidats en tête des sondages. Soit Emmanuel Macron, Benoit Hamon, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen et François Fillon. Ce choix a été critiqué durant le débat par certains candidats eux-mêmes. Surtout que TF1 a été la seule chaine à faire ce choix puisque lors des prochains débats du 4 (BFMTV – CNews) et du 20 avril (France 2), les 11 candidats retenus par le conseil constitutionnel seront tous présents.

Ce coup d’éclat, en plus d’avoir offert un joli coup de com’ au candidat de Debout la France permet tout de même de soulever la question de la responsabilité des médias vis-à-vis de l’importance qu’ils accordent aux différents candidats. Candidats qui sont théoriquement tous aussi légitimes à ce stade de l’élection. Cette question se pose d’autant plus que le débat de lundi a connu un grand succès d’audience (10 millions de téléspectateurs) et aurait pu bénéficier à des « petits » candidats manquant de notoriété.

Pour aller plus loin:

– Cet article de Slate.fr qui raconte comment les six candidats restants ont passé leur lundi soir :
http://www.slate.fr/story/141356/vraie-soiree-debat-pas-tf1

Lancement cinq(uante) étoiles

Ce mercredi, arrivée d’un petit nouveau sur les rayons Presse. François Busnel, journaliste littéraire et Eric Fottorino créateur du « 1 », lancent « America » un nouveau trimestriel consacré aux Etats Unis.

Ce mook (contraction de « magazine » et « book » ), donnera quatre fois par an la parole à des écrivains français et américains pour qu’ils décrivent leur vision de l’Amérique de Donald Trump. Tiré à 500 000 exemplaires et vendu une vingtaine d’euro, ce premier numéro comptera entre autre une interview du prix nobel de littérature Toni Morrison et une de Barrack Obama portant sur la littérature.

Dans son édito, François Busnel explique qu’America tentera de raconter »[la] beauté, mais aussi [les] failles et les fêlures » du pays de l’oncle Sam. Petite particularité, la publication a d’ores et déjà une date de péremption puisqu’elle ne paraîtra que pendant quatre ans, jusqu’au départ de Donald Trump. Un pari trop optimiste ?

2016, une année rythmée par les départs de journalistes.

Wikimedia Commons

Les assises du journalisme de Tours se sont achevées ce vendredi 17 mars. Elles étaient comme chaque année l’occasion pour Jean-Marie Charon, sociologue du journalisme, de publier son « Baromètre social de l’emploi des journalistes » où il fait un bilan de l’état de la presse en France.

Premier constat, il y a de moins en moins de journalistes dans le pays (ou en tout cas de détenteurs de la carte de presse). Leur nombre ne s’élève aujourd’hui plus qu’à 35238, ce qui représente une baisse de plus de 5% par rapport à 2009, année où ils étaient le plus nombreux. La faute aux dépôts de bilans, disparitions de titres et aux nombreux plans sociaux (La Voix du Nord, L’Obs, l’Express, ITele, etc…).

Ce bilan constate aussi une modification du profil moyen des journalistes. Premièrement, 54% des  premières demandes de carte de presse sont effectuées par des femmes, ce qui indique la poursuite de la féminisation de la profession. Ensuite, les rédactions web se développent de plus en plus, comme le montre par exemple la success-story de Mediapart, avec ses 45 salariés.

C’est ce dernier constat qui fait dire à Jean Marie Charon, dans une interview à Télérama que la presse n’est pas tant en crise qu’en mutation. Le web tient une place toujours importante, les médias trouvent de nouveaux modèles économiques, les journalistes se diversifient… La période traversée par la presse ne serait donc qu’une phase de transition pour se mettre en phase avec la réalité du marché. Plus qu’à espérer que cette transition ne dure pas trop.

Pour aller plus loin:

– L’analyse plus détaillée du baromètre par l’AFP : http://www.la-croix.com/France/Les-journalistes-sont-toujours-moins-nombreux-France-2017-03-16-1300832296

 

Barthélemy Dont

De l’inédit, une polémique et une bourde : récapitulatif de l’actualité des médias de la semaine

Plus que de simples diffuseurs, les médias sont de véritables acteurs de l’information et font régulièrement les gros titres, dont nous vous offrons une sélection chaque jeudi. Retour sur l’actu médiatique du 9 au 16 mars.

La presse fait campagne

Grande première dans l’actualité des médias cette semaine : la presse s’unit pour lancer une campagne de publicité inédite.

L’ACPM (Alliance pour les Chiffres de la Presse et des Médias), coordinatrice de l’opération, a annoncé le lundi 13 mars le lancement d’une campagne visant à défendre la pertinence de la presse, à la fois pour le grand public et pour les annonceurs.

Baptisée #DemainLaPresse, l’opération a déjà son propre hashtag sur Twitter et fera ses premiers pas le vendredi 17 mars, avec la mise en ligne du site demainlapresse.com. Destinée à sensibiliser les internautes aux mutations actuelles de la presse, cette campagne mise sur l’interactivité et invite ainsi les utilisateurs à échanger sur le sujet.

La presse papier n’est pas le seul objet de cette campagne. Si près de 900 titres de PQR (Presse Quotidienne Régionale), PQN (Presse Quotidienne Nationale) et magazines sont concernés, leurs déclinaisons web le sont aussi. Physiques ou virtuelles, à partir du 21 mars, les pages de ces publications interpelleront les lecteurs avec une question pour le moins surprenante.

« Où lirez-vous la presse quand les smartphones, les ordinateurs et les tablettes auront disparu ? »

OLVLP

Crédit : Le Monde

Consciente que le supposé déclin de la presse papier s’accompagne d’une baisse du financement de la part des annonceurs, DemainLaPresse prépare également un argumentaire destiné directement aux publicitaires.

L’ACPM souhaite alors « montrer que la presse ça marche et qu’il n’y a pas que le digital », indique Nicolas Cour, directeur de l’organisation. De cette manière, elle espère redonner un coup de fouet aux investissements indispensables aux entreprises de presse, à l’heure ou les coupes budgétaires et les plans de licenciements se font de plus en plus nombreux.

France 2 déprogramme à la dernière minute les humoristes Thomas VDB et Mathieu Madénian

Le lundi 13 mars devait marquer le lancement d’une nouvelle pastille pour l’après-20h de France 2. Les sketchs de Thomas VDB et Mathieu Madénian n’ont apparemment pas plu à la direction de la chaîne, qui a annulé in extremis la diffusion du programme.

Deux heures avant, la page Facebook de France 2 annonçait encore le lancement de cette nouvelle émission après le JT de David Pujadas… jusqu’à ce que Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, en décide autrement. Dans un communiqué officiel, France 2 justifie sa décision en invoquant des formats « livrés assez tardivement », nécessitant alors « des ajustements. »

Selon le site spécialisé Ozap, certains membres de l’équipe de tournage évoquent plutôt le contenu politique des sketchs.

« Delphine Ernotte, qui ne connaissait pas le programme et ne l’avait jamais vu, a mis son veto après visionnage du premier numéro. Elle ne veut pas de problème quelques semaines avant le premier tour de la présidentielle. »

Dans une vidéo cinglante en réponse à la présidente de France Télévisions, les humoristes reprennent cette version. « On comprend Delphine Ernotte, on a fait quand même 120 sketchs sur Actuality, il y en a 90 qui parlaient de politique. Apparemment, Delphine ne s’en était pas rendu compte. Elle ne les a pas vus, elle ne doit pas regarder sa chaîne », lâche Mathieu Madénian.

Entre septembre 2016 et mars 2017, les deux humoristes ont en effet réalisé des sketchs diffusés quotidiennement dans AcTualiTy, désormais déprogrammé sur France 2. Pour cette nouvelle case, la chaîne a commandé 80 épisodes du Message de VDB et Madénian. Les trois premiers, déjà tournés, avaient d’ailleurs été validés par Xavier Couture, directeur des programmes et Caroline Got, directrice de France 2.

Face aux doutes quant aux raisons officielles de la déprogrammation, Delphine Ernotte a fini par répliquer sèchement à la vidéo sur Twitter.

Alors question de timing, goûts personnels ou simple censure ? Affaire à suivre.

De faux articles publiés sur la Voix du Nord : « une malencontreuse erreur »

Dans la soirée du vendredi 10 mars, de faux articles ont été brièvement mis en ligne sur le site de La Voix du Nord. Deux d’entre eux ont été repérés par le journaliste Hugo Clément, qui a immédiatement tweeté, captures d’écran à l’appui.

Sur un ton satirique, le premier est une allusion à peine voilée à la consanguinité, cliché ancien qui ne cesse de ternir l’image du nord de la France.

 Le second surfe sur la vague des affaires dans lesquelles François Fillon est embourbé depuis fin janvier, et prend des allures d’article racoleur digne de la presse people.

Dix minutes après leur mise en ligne, le journal a supprimé les articles en question et s’est expliqué sur Twitter. Il privilégie en premier lieu la piste du hacking, en évoquant « des actes malveillants ».

Dans un communiqué officiel diffusé le dimanche 12 mars, La Voix du Nord livre une nouvelle version des faits. Il s’agit en réalité d’une « malencontreuse erreur ».

« Il est apparu par la suite que ces articles, rédigés à blanc, pendant une formation, ont été publiés par erreur et bien sûr retirés dès que nous avons appris leur existence. La rédaction en chef présente à nos internautes ses excuses. »

Cette déclaration corrobore les informations obtenues par Le Monde, selon lesquelles les journalistes de La Voix du Nord eux-mêmes sont à l’origine de la rédaction de ces articles. Simple plaisanterie, les brouillons se sont malheureusement retrouvés sur la page d’accueil du site après un bug ou une erreur d’adressage dans le système éditorial.

Selon des sources internes au quotidien, la direction n’a pas apprécié cette erreur des journalistes, dont la maladresse entâche la crédibilité et le sérieux de la publication. S’ils ont pu faire sourire, ces articles dignes du Gorafi ou de Nordpresse ont pourtant été rédigés lors d’une séance de formation, dans le cadre d’un Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE) qui intervient après l’annonce de 178 licenciements à venir.

Où l’on parle de trains, de SMS push ou de redressement judiciaire

La semaine dernière, c’est Mélanie qui a eu le privilège de nous dispenser ses liens. Pour voir son travail, c’est ici. En attendant, en une semaine, tout se fait et se défait dans le fabuleux monde médiatique. Petite revue [presque] exhaustive de ce qui  s’est passé ces derniers jours.

Terra Eco six pieds sous terre

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Le logo de feu Terra Eco, magazine web et papier depuis 2004.

Terra Eco met fin à son projet de relance. Le sort du magazine est scellé, après avoir tenté de renaître de ses cendres suite après avoir été placé en liquidation judiciaire fin 2016. Malgré une tentative de relance, notamment par une opération de crowdfunding, l’absence de résultats est là. Plus de détails ici.

Nouvelles régions, nouveaux médias

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Les 13 nouvelles régions de France. Sauras-tu les reconnaître toutes ? (Non, la Bretagne historique n’est pas une région officielle)

C’est peut être un petit média, peu connu, mais le symbole n’en est pas moins intéressant. Avec la nouvelle configuration régionale en France suite à  la loi de délimitation des régions, des nouveaux territoires sont apparus. Une identité néo-régionale serait-elle déjà en train de se créer, notamment en Nouvelle Aquitaine ? Tout pousse à le croire, quand on sait qu’un magazine dédié aux habitants de cette région vient de se créer. Pour plus d’infos, c’est ici.

Tchou tchou, les présidentielles sont là

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Photo volée du train de la présidentielle (2017, colorisé)

L’INA, France Télévisions, Radio France, France Médias Monde et l’INA. Ce sont les partenaires de la SNCF et du groupe Randstadt, qui viennent de lancer l’exposition « Politiques et Médias ». A bord d’un train Mistral, l’exposition retracera l’histoire des élections présidentielles sous la 5ème République, à travers le prisme politique…et médiatique. Le communiqué de presse est , ou il y a encore cet article du Monde qui en parle. Pour un retour d’expérience en gare d’Arras, c’est ici, signé par La Voix du Nord.

Critique du Push

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12 shades of Mainstream

Dans un long et très intéressant article (en anglais), Cassie Dagostino nous montre l’importance que vont prendre les notifications push des applications des médias « mainstream ». En s’appuyant sur des chiffres montrant le faible taux de lecture des articles en relation avec le message Push, et donc la grande importance du court message délivré via le smartphone, les vérités se déforment, s’occultent même suivant les médias. Exemple : quand tous les médias vont parler de la marche des femmes contre Trump, en proposant une couverture des manifestations en direct, Fox News, NPR ou encore CNBC ne vont même pas en parler. Idem, quelle sémantique adopter pour parler du bilan d’Obama ? Il s’agit donc bien d’une opération de (re)définition de la vérité qui est faite par les médias, ça l’a été de tout temps. Le problème est peut être qu’elle tienne en une centaine de caractères. À lire ici.

Plus c’est nul, mieux c’est ?

« L’actualité est tout à fait exceptionnelle, les audiences aussi », clame Alain Weill, directeur général de SFR Média. Faut-il en être content pour autant ? À vous de juger. Dans tous les cas, le constat est là : les audiences sont dopées par la campagne présidentielle. Sur internet, à la télévision, de nombreux journaux et chaînes voient leur audimat grimper en flèche, comme par exemple avec l‘interview de Pénélope Fillon dans le JDD dimanche dernier. Pour en savoir plus sur les audiences d’une campagne où le débat de fond domine c’est ici.

(D’ailleurs, ça n’a peut-être pas grand chose à voir avec l’actualité à proprement dire des médias, mais le débat autour de l’interview supposée complaisante de Laurent Delahousse à François Fillon rentre dans une remise en question plus large du rôle des médias vis à vis des fake news ou autre alternative facts. Pour voir l’interview, c’est là, pour lire l’Express qui résume la polémique, c’est ici-même.)

Trop de journalauds ?

jean-pierre_pernaut

La seule photo libre de droit que j’ai trouvé de lui. 

C’est marrant, on parle souvent de « journalopes » (d’ailleurs, regardez d’où ça vient en cliquant ici). Pas très sympa pour nos consœurs, dans la mesure où, au final, ce ne sont pas elles qui disent le plus de conneries. Ce n’est pas une histoire d’intelligence supérieure, c’est mathématique. La parité est loin d’être acquise dans les médias, et le service public a décidé de montrer « l’exemple », en recrutant plus de femmes dans ses postes d’expertes. Une parité devant grimper à 40%. Donc pas une vraie parité, en soi. Mais bon, on n’est qu’en 2017.  Sinon, pour la journée internationale des mères de la femme des droits des femmes, le JDD a publié un article récapitulant la position minoritaire des femmes dans les médias, de manière générale.