Actu des médias : le service public en prend pour son grade cette semaine

Semaine du 9 au 15 février 2017. Une pétition qui tire à boulets rouges sur le service public, les cartons d’audience de Marine Le Pen, la déprogrammation du Grand Journal … ce qu’il ne fallait pas rater cette semaine dans l’actu des médias.

Une pétition ambitieuse …

Réaffirmer le pluralisme de l’audiovisuel public, c’est l’objectif de la pétition lancée jeudi 9 février par Le collectif des Usagers du Service Public de l’Audiovisuel (U.S.P.A). Son objet : « mettre fin à la mainmise de l’idéologie gauchisante sur l’appareil audiovisuel d’État » selon les mots de Claude Chollet, responsable de la publication du collectif U.S.P.A et par ailleurs président de l’Observatoire des Journalistes et de l’Information Médiatique (OJIM).

Le texte de la pétition développe une liste de revendications, au nombre de dix. Parmi elles, figurent un certain nombre d’attaques frontales envers France Inter accusée de diffuser une « pensée convenue et monochrome » ou Arte dont l’information prendrait « la forme d’un militantisme qui promeut l’immigration sans frontières » notamment. Delphine Ernotte, l’actuelle présidente de France Télévisions, y est prise à partie directement pour des propos jugés « raciste(s) et sexiste(s) » de même que le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel considéré comme « inopérant ou complaisant ».

Bref, le service public en prend pour son grade et le collectif U.S.P.A réclame des engagements dans leur sens de la part des différents candidats à l’élection présidentielle. Faute de quoi ils se déclarent prêt à « lancer une grève de la redevance » pour faire pression sur l’audiovisuel public mettant en avant les « 27 millions de foyers » qui s’acquittent de ladite redevance. Avec aujourd’hui plus de 11 000 signataires, cette pétition n’a pas fini de faire parler d’elle.

… qui divise les médias

La réaction ne s’est évidemment pas faite attendre. Sans surprise de la part de plusieurs médias orientés à droite comme Valeurs Actuelles ou Causeurs,qui ont relayé l’appel et invitent leurs lecteurs à signer la pétition.

Mais c’est un éditorial de David Carzon publié dans le journal Libération daté du 13 février (à lire ici), directeur adjoint de la rédaction de Libération, qui vient donner la contradiction.

Celui-ci entend mettre les choses au point en mettant en avant la présence, plus que régulière, de nombreux politologues, intellectuels, idéologues, polémistes (appelez-les comme vous voudrez) de droite, sur les chaînes et fréquences du service public. Éric Zemmour, Alain Finkielkraut ou François Lenglet ne sont que quelques-uns des noms cités par David Carzon pour mettre du poids de l’autre côté de la balance.

… et pose des questions sur la situation du service public.

L’impartialité des médias du service public n’est cependant pas une question nouvelle. La suppression de l’ORTF (Office de Radiodiffusion-Télévision Française) en 1974 avait déjà pour but de donner une plus grande indépendance aux médias publics vis-à-vis du gouvernement.

Néanmoins on a du mal à imaginer un média, quel qu’il soit, indépendant de toute influence idéologique ou économique. Les services publics de l’audiovisuel ont au moins pour mérite d’éloigner, dans la mesure du possible, toute influence économique sur ses canaux de diffusion.

Il est vrai que les contribuables, qui s’acquittent chaque année d’environ 130€ de redevance audiovisuelle, doivent disposer d’un certain droit de regard à l’égard de ce que leurs proposent les médias issus de l’audiovisuel public. Mais peut-on considérer ce droit de regard comme un pouvoir quasi actionnarial ? C’est en tout cas ce que prétend faire cette pétition.

Les cartons d’audience de Marine Le Pen sur France 2

Ironie du calendrier, le soir du lancement de la pétition du collectif U.S.A.P, Patrick Buisson était l’invité surprise de l’Émission Politique sur France 2 pour apporter la contradiction à … Marine Le Pen.

Quoiqu’il en soit, l’émission de la chaîne publique a enregistré ce soir là sa meilleure audience, avec plus de 3,5 millions de téléspectateurs, depuis son lancement en septembre. En savoir plus …

La loi Sapin sur la publicité étendue à internet

Plus de transparence pour les annonceurs qui diffusent en ligne, c’est ce que vient mettre en place un décret publié samedi 11 février. En étendant à la publicité digitale le régime de transparence qui s’appliquait aux médias traditionnels depuis la loi Sapin de 1993, ce décret vient satisfaire les revendications de l’UDA (Union des Annonceurs).

L’objectif : limiter les intermédiaires et ainsi augmenter les recettes publicitaires des médias en ligne. En savoir plus …

Le Grand Journal, dernière victime en date de Bolloré

C’est par un tweet lapidaire que Canal + a annoncé, lundi 13 février, la déprogrammation de l’émission mythique Le Grand Journal. Lancée en 2004 par Michel Denisot, elle avait fait les beaux jours de la chaîne en trustant les audiences d’access prime time pendant de nombreuses années.

Autrefois vitrine en clair de la chaîne, elle est la dernière victime de l’ère Bolloré, qui n’en finit plus d’écrémer les effectifs. En savoir plus …

En bref, quand les médias innovent …

  • Le « Washington Post » monte une équipe dédiée à Snapchat Discovery. Vingt journalistes à plein-temps pour développer le contenu du Washington Post sur Snapchat Discovery, ni plus ni moins. Accéder à l’article (en anglais) …
  • BFM Paris va inaugurer la « publicité adressée ». De la publicité ciblée géographiquement à la télévision, c’est ce que compte proposer SFR à travers sa chaîne BFM Paris. Accéder à l’article …

 

C’est tout pour cette semaine, rendez-vous jeudi prochain !

Quel programme pour les médias cette semaine?

À la Une de notre revue média : fin du Grand Journal et d’AcTualiTy, controverse autour du palmarès du World Press Photo et bons points pour les médias en termes de temps de parole.

 

 

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Semaine funeste pour Canal+ et France 2

Cette semaine met une nouvelle fois Canal+ au premier plan. Lundi 13 janvier, la chaîne a annoncé dans un communiqué la fin de son émission Le Grand Journal le 3 mars prochain. Cette décision fait suite à une forte baisse des audiences depuis 2012, qui s’est confirmée à la rentrée avec l’arrivée de l’animateur Victor Robert. Ce qui fut le programme phare de Canal+ ne comptabilisait plus que 100.000 téléspectateurs quotidiens au mois de janvier, alors même qu’en 2011 l’émission été suivie par 2,3 millions de spectateurs lors de ses meilleures audiences. Sont mises en cause les « errances du Canal+ de Vincent Bolloré », les changements répétés d’animateurs (se sont succédés Daphné Bürki, Antoine de Caunes, Maïtena Biraben et Victor Robert de 2013 à 2017, Michel Denisot est lui resté en place pendant neuf années), d’horaires et d’accessibilité créant un flou chez les téléspectateurs.

Tweet posté par Michel Denisot, présentateur du Grand Journal de 2004 à 2013. On peut voir sur la photo différentes figures ayant marqué l’émission (chroniqueurs, humoristes etc.)

Dans son article, Libération oppose la suppression du Grand Journal au succès des émissions Quotidien, C à Vous et Touche pas à mon poste, qui rassemblent quotidiennement plus d’un million de personne devant leurs téléviseurs. Ce n’est donc pas un problème avec la télévision en tant que support mais bien un problème de programmes qui n’ont pas su résister à la concurrence.

France Télévisions en sait quelque chose. Dans la foulée de l’annonce de Canal+, France 2 a  communiqué ce lundi 13 février la suppression de son émission AcTualiTy, programme mêlant divertissement et information. Cette suppression est justifiée par une audience jugée « insuffisante ». L’émission jusque là présentée par Thomas Thouroude sera remplacée par le programme Tout le monde a son mot à dire, jeu qui interrogera ses candidats sur des questions de culture et de langue française. C’est la seconde fois depuis la rentrée 2016 que la chaine du service public remplace un talk-show par une émission de jeu (cf. le talk-show Amanda a été remplacé par Un Chef à l’oreille, jeu de gastronomie). Société du divertissement vous dites?

 

Quelle éthique pour le photojournalisme en 2017?

Cette semaine nous avons pu découvrir le palmarès du World Press Photo 2017 . Ce concours de photographie a récompensé le turc Burhan Ozbilici pour son image de l’assassin de l’ambassadeur de Russie en Turquie, le 19 décembre 2016. En  primant une photo représentant le meurtre d’un homme d’Etat, les jurys du Word Press Photo ont créé l’indignation de l’ambassade de Russie qui perçoit cette décision comme une traduction de la « déchéance complète de l’éthique et des valeurs morales ». Elle ajoute que faire « la propagande de l’horreur du terrorisme est inacceptable ».

 

La réaction de l’ambassade remet sur la table la question de l’éthique du photographe et de la légitimité des médias à diffuser un cliché. Question qui avait déjà émergé lors de la diffusion de la photo du corps inerte du jeune Aylan. Avec ce choix, le jury du World Press Photo dit avoir voulu saluer le courage du photographe Burhan Ozbilici, cependant on apprend dans une tribune publié dans le Guardian que cette décision n’était pas unanime et a créé de la controverse au sein même du jury.

 

Égalité du temps de parole : les félicitations du CSA

Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel est souvent évoqué pour ses réprimandes, moins souvent lorsque celui ci souligne le bon travail des médias. Le temps de paroles des personnages politiques dans les médias télé et radio a été « équilibré » selon le CSA. En effet, après avoir réprimandé TF1 et M6 pour leurs « surexposition de l’opposition parlementaire » le Conseil a relevé « les efforts fournis par les médias audiovisuels pour que les équilibres prévus par les textes soient respectés ». La période pré-électorale (du 1er août au 31 janvier) tend donc vers un résultat positif en termes de respect des principes d’égalité du temps de parole.

Depuis le 1er février nous sommes dans la période de campagne officielle, les compteurs du temps de paroles ont donc été remis à zéro. Le Front National avait à cette occasion demander un report de son temps de parole dans une lettre ouverte à Olivier Schrameck, président du CSA, s’estimant lésé. On pouvait y lire que « [Le CSA] ne peut pas admettre qu’un trait soit tiré sur des mois de traitement inéquitable et que les heures de retard accumulées au détriment du FN disparaissent sans conséquence. »

Cette requête a été refusée par le CSA, qui invoque le fait que « les règles applicables au décompte des temps de parole n’autorisent aucun report d’une période sur l’autre ». On se demande d’ailleurs si le Front National a réellement « besoin » de ce report de temps de parole au vu du record d’audience fait par Marine Le Pen lors de son passage dans l’Emission Politique de France 2 ce jeudi 9 février.

Le programme a rassemblé près de 3,5 millions de téléspectateurs ce qui est le meilleur score de l’émission, selon Médiamétrie. Nicolas Sarkozy et Alain Juppé représentaient les meilleures audiences de l’émission jusque là avec 2,7 millions de téléspectateurs chacun.

 

Affaire à suivre donc. Et rendez-vous jeudi prochain pour votre revue 100% média!

Actu média : une croisade pour redorer le blason de la presse

La grosse info de cette semaine, c’est le divorce quasiment consommé des Français avec les médias, et surtout avec les journalistes. Selon une enquête Kantar effectuée pour le journal Lacroix, les médias accusent le coup : quelques 36% de la population sondée ne suivent l’information qu’avec « un intérêt assez faible ou très faible ». Depuis le 2 février, ce « baromètre des médias » a fait couler beaucoup d’encre de la part des concernés, comme une sorte d’écho à la crise de confiance des groupes d’information suite à l’élection de Donald Trump.

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L’heure est à la rétrospective. Il faut cibler ce qui est à la source de cette crise de défiance à l’égard des médias, et surtout des journalistes. D’après Julia Cagé dans une interview accordée aux Décodeurs, économiste et spécialiste des médias, il existe « une priorité aujourd’hui : redonner de l’envie aux lecteurs, par exemple avec des supports alternatifs. Et rétablir la confiance. Malheureusement, informer ne suffit plus. » En cause, l’accroissement de la consommation d’information sur les réseaux sociaux plutôt que sur les médias traditionnels.

En cette semaine de remise en question de la pratique journalistique, la plupart des médias s’est accordée sur une chose : l’attractivité des nouveaux modes de communication et la banalisation des « fake news » ont, comme l’explique meta-media, rendu inaudible le travail journalistique professionnel et sérieux d’investigation et de vérification des faits. L’émergence d’un nouveau lexique médiatique (fake news, alternative facts, post-vérité, réinformation…) suite aux victoires du Brexit puis de Trump, est de ce point de vue édifiante : la guerre entre médias est déclarée.

Les médias traditionnels s’en vont en guerre

Et ils en appellent à leurs généraux Facebook et Google pour mener la bataille. Cette semaine, Google et First Draft News (une coalition de journalistes luttant contre la désinformation en ligne) ont annoncé la création de CrossCheck, ou « vérification croisée », une nouvelle arme de fact-checking qui se fera en partenariat avec avec seize médias français, dont Le Monde – qui a lui-même développé Decodex la semaine dernière – l’AFP, et BuzzFeed News. Une équipe d’étudiants en journalisme, recrutés au CFJ et à l’école de journalisme de Sciences Po et formés par Google, « résumeront et remettront dans leur contexte chaque allégation » (citations tronquées, photomontages, rumeurs…), un flux qui sera supervisé par l’Agence-France Presse et consultable sur le site CrossCheck. L’outil sera mis en ligne le 27 février, deux mois avant le premier tour des présidentielles.

L’initiative est soutenue par Facebook, qui a également annoncé cette semaine la création de son propre outil de fact-checking en partenariat avec huit médias français, dont Le Monde, l’AFP, Libé, BFM-TV, ou encore France Info. Le but ? Permettre aux utilisateurs de signaler un contenu sur le réseau qui leur semble faux ou peu fiable. Dès lors que deux « fact-checkers amateurs » signaleront un contenu, celui-ci sera envoyé à l’une des équipes partenaires de Facebook pour vérifier l’info. Pourquoi ? Facebook s’inscrit dans ce mouvement planétaire anti-intox, notamment après que le géant du web a essuyé nombre de critiques vis-à-vis de l’élection de Trump. Dans la même lignée, Facebook a annoncé plus tôt dans la semaine une modification de son Newsfeed Ranking Algorythm, vous savez, cet algorithme qui trie les informations et les affiche selon vos différentes affinités. Désormais, Facebook annonce que les publications qui auront un meilleur ranking seront celles qui seront les plus « authentiques » et celles les plus proches de l’actualité plutôt que les affinités.

Ailleurs dans l’actu, mais important quand même

Snapchat, qui compte 150 millions d’utilisateurs actifs par jour dans le monde, vient d’officialiser sa volonté d’entrer en bourse. Le réseau préféré des millenials se lance dans un marathon financier dans lequel il devra convaincre Wall Street de sa crédibilité sur le marché. L’appli du petit fantôme jaune ne devrait pas avoir trop de soucis à convaincre les actionnaires; en 2016, Snapchat enregistrait plus de 400 millions de dollars de chiffre d’affaire, soit presque sept fois plus qu’en 2015.

Youtube a lancé ce mercredi deux nouvelles fonctionnalités : le live sur mobile à partir de 10 000 abonnés et le Super Chat. Le live, c’est pour contrer Facebook et son « Facebook Live » sur le segment du streaming. L’autre fonctionnalité est un moyen pour les youtubers de monétiser leur contenu. Les utilisateurs ont désormais la possibilité d’acheter des commentaires – oui, oui, acheter – qui seront affichés en-dessous de la vidéo pour quelques heures. Voilà une innovation pour le leader de la vidéo à la demande qui le rapproche de son concurrent dédié aux jeux vidéos Twitch, plateforme sur laquelle la mécanique du don pour rémunérer les streamers est déjà chose courante.

Enfin, un mot sur Daniel Schneidermann, d’Arrêt sur Images qui a comparu au tribunal de Nanterre ce mercredi dans l’affaire qui l’opposait au journal Le Point. Dans une chronique, il comparait le numéro du Point du 28 mai 2015 titrant « Les Arabes » avec une une du journal antisémite des années 1930 Je Suis Partout, titrant « Les Juifs ». Pour Schneidermann, il s’agissait de dénoncer, d’alerter sur l’essentialisation de certaines populations. Le titre n’a pas été du même avis, et Etienne Gernelle, directeur du Point, a poursuivi Schneidermann pour insulte. Le procès, duquel était absent Mr. Gernelle, a été l’occasion pour Mr. Schneidermann de défendre le principe fondamental de liberté de la presse.

En attendant le jugement début mars, passez une bonne journée, et à la semaine prochaine pour plus d’actu médias !

L’actu médias de la semaine : fake news, Trump, Facebook, les médias réagissent

donal-trump« Crise des médias », « fin du journalisme », « post-vérité » voilà les termes qu’on a entendu en 2016. Mais les médias ne se laissent pas faire : ils s’adaptent et répliquent.

Les médias partent à la guerre contre les fake news

Les fake news

Le mot « fake news » fait partie des mots tendance de l’année 2016 et de ce début d’année 2017. Si vous n’êtes pas familiers avec cette novlangue née lors de l’élection présidentielle américaine, ne vous inquiétez pas, les Décodeurs du Monde vous proposent un lexique.

On les traduit souvent à tort par « fausses informations » ou « faux articles », ratant que la fake news n’est pas seulement erronée : elle est volontairement trompeuse. C’est un faux, une imitation, une contrefaçon.

Le concept montre déjà ses limites : fourre-tout, il est déjà réutilisé à tort par les théoriciens du complot. Cependant puisqu’il est omniprésent et évoqué continuellement, il faut le traiter.

Pour Jean-Marie Charon, les fakes news sont l’évolution web d’un phénomène historique. Avec Internet qui leur donne une meilleure exposition et une défiance des médias accrue, elles prennent une ampleur très importante.

De nouveaux outils 

Pour faire face au phénomène, les sites des médias traditionnels s’arment d’équipes de fact-checking, que l’on retrouve chez Libération ou chez les Echos par exemple. Les Décodeurs sont passés à l’étape supérieure cette semaine en créant un moteur de vérification des sources d’information, Décodex. Le principe est simple : le lecteur entre l’adresse du site où il a trouvé l’information sur laquelle il s’interroge. Si celui-ci est recensé dans la base de données, qui compte plus de 600 adresses, une description du site et un avis sur la pertinence de son contenu apparaît. Cette démarche est accompagnée d’un ensemble d’articles sur la nécessité de vérifier l’information et sur les méthodes de vérification.

Au Royaume-Uni, la BBC parle quant à elle de reality-check, et non de fact-checking. Une équipe spécialisée, un retour à de l’information plus lente, et une présence accrue sur les réseaux sociaux : voilà son plan de combat.

Les journalistes prennent enfin le web au sérieux

Eric Scherer, directeur de la prospective à France Télévision, revient sur la post-vérité par une approche historique. En conclusion, la nécessité d’une revalorisation du journalisme, plus particulièrement sur le web. Pour lui, la guerre contre ces fake news passe par une appropriation du numérique par les journalistes, qui ont mis du temps avant de prendre le web au sérieux.  

Les fake news méritent-elles toute cette attention ? 

Jacob L. Nelson, étudiant américain en journalisme, a publié des résultats de ses recherches dans le cadre de son PhD. Il s’interroge sur la pertinence des fake news : d’après ses recherches, celles-ci attirent nettement moins d’audience que les real news et sont regardés pendant moins longtemps. De plus, les lecteurs de fake news consultent parallèlement des sites de real news. Le phénomène est bien réel, mais son étude questionne une possible surréaction des médias.

Les médias américains entrent en résistance

Les médias sont les cibles privilégiées du nouveau président des Etats-Unis, Donald Trump, et de son administration. Son haut conseiller stratégique, Ed O’Bannon,  s’est lâché devant les micros : accusés de malhonnêteté et de complotisme, les médias devraient d’après lui se taire… mais c’est plutôt lui qui n’est pas entendu.

A la tête d’un webshow politique sur GQ, Keith Olbermann appelle ses confrères et consoeurs à ne pas se laisser faire. Face aux accusations et aux mensonges prononcés par le gouvernement, il appelle au boycott de l’administration. Olbermann a d’ailleurs renommé son show « the Resistance » à la suite de l’élection de Trump, et il ne compte pas se laisser faire.

 

Le paysage médiatique américain ne fait pas que résister, il tire également des leçons de la crise qu’il vient de traverser. Le New York Times a communiqué son plan de développement, pour les 3 prochaines années. Au programme : remettre le lecteur au centre de la démarche journalistique, multiplier les formats de diffusion, et réinvestir internet avec des nouveaux contenus numériques.

Les médias américains sont à un tournant : la méfiance du gouvernement est à la fois un danger pour eux, mais aussi une opportunité de se redéfinir. Pendant quatre ans, leur rôle va être primordial, et les yeux rivés sur eux. A eux de saisir l’opportunité.

Les robots de plus en plus présents dans le journalisme

L’intérêt des médias pour les algorithmes est grandissant. Certain sites disposent de bots qui leur rédigent une partie de leurs articles, d’autres en ont pour répondre aux questions du lecteur. Télérama s’est intéressé aux chatbots : des robots qui prennent contact avec les lecteurs par des messageries comme le messenger de Facebook ou WhatsApp. Les chatbots permettent de produire une information personnalisée selon les données laissées par le lecteur, sous une forme ludique parfois proche du jeu vidéo. Un grand défaut cependant, cette personnalisation se fait au prix d’une certaine intrusion dans la sphère privée du lecteur. Même si l’on est encore loin du Skynet  de Terminator, certaines limites sur l’usage des données sont à définir.

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Source : publicdomainpicture.com

De plus, on retiendra que malgré cette tendance vers la robotisation, les lecteurs préféreraient encore leur journal papier.  La guerre contre les bots n’est donc pas encore au programme

Les médias face au duopole Google/Facebook

Ça y est ! En 2016, une étape symbolique a été franchie : le numérique est le canal qui génère le plus de revenu publicitaire.  Avec 3,453 milliard d’euros, ce marché détrône celui de la télévision. Néanmoins, on ne peut pas vraiment s’en réjouir puisque la majeure partie de ces recettes est captée par Google et Facebook.

Cette tendance est aggravée par l’explosion de la publicité sur mobile, où les deux compagnies possèdent quasiment un duopole. Pour le monde du journalisme, ces nouvelles ne sont pas bonnes : l’argent des annonceurs se détourne du papier et de la télévision, sans financer pour autant les projets journalistiques numériques. En plus de cela, l’utilisation d’AdBlock a augmenté de plus de 30% à l’échelle mondiale. Or, si la publicité est bloquée, les sites hébergeurs ne reçoivent pas l’argent des annonceurs…

I-Télé continue à s’enfoncer 

Après avoir vécu un mois de grève, encaissé le départ d’une grande majorité de sa rédaction, et fait venir Jean-Pierre ElKabbach, I-Télé continue à faire parler d’elle. Cette fois, c’est « l’affaire Pénélope » qui est ignorée pendant plus de trois heures d’antenne, sur une chaîne d’information continue…

Parallèlement, Explicit vient de lancer une campagne de crowdfunding. 

Le média 100% réseaux sociaux des anciens d’I-Télé veut récolter 150 000 € afin d’acheter du matériel et de régler les frais liés aux déplacements de ses journalistes. En revanche, l’ensemble des membres d’Explicit continuera a travailler bénévolement, en attendant de mettre en place un business plan viable.

A jeudi prochain pour un nouveau point sur l’actualité médiatique !

L’actu médias de la semaine : Vous avez faim ? Alors à table !

Dans la cuisine : des arrivants plus ou moins nouveaux, des accords de groupes, des désaccords de chaînes et quelques cartons rouges.

Elkabbach a bon appétit

« Vous avez été beaucoup viré, et à chaque fois vous êtes revenu » disait François Hollande à Jean-Pierre Elkabbach en 2015. A 79 ans, c’est toujours vrai. Alors on récapitule : il est invité à quitter Europe 1 mi-décembre 2016. Le 11 janvier, iTélé annonce son arrivée dans les nouvelles grilles en construction.

Le voilà donc chez Monsieur Bolloré. Et à ses côtés ! Car comme on lit les communiqués jusqu’au bout, on découvre qu’il est  « nommé conseiller auprès de la direction générale du groupe Vivendi-Canal + pour son développement ». Pluralisme oblige, il tient à sa place de conseiller chez Lagardère, qui le reconduit dans ses fonctions.

Messieurs Lagardère et Bolloré ont un trait d’union. Et Monsieur Elkabbach continue son émission Villa Médicis sur Public Sénat. On est doublement rassuré.

Bruxelles ne goûte pas les cookies

Bruxelles veut règlementer le recours aux cookies, et protéger les données de l’internaute dans son projet « règlement de protection de la vie privée ». Facebook et Google sont dans le viseur. cookie

L’utilisateur devrait pouvoir choisir, dès l’installation d’un logiciel ou d’un navigateur, la possibilité d’être pisté ou non par les cookies publicitaires.  On est rassuré.

Les agences médias ne le sont pas, rassurées : L’Interactive Advertising Bureau (IAB) et L’Union des Entreprises de Conseil et Achat Média (UDECAM) estiment que cette règlementation fera du tort au marché publicitaire.

La commission de Bruxelles veut une application en 2018, ce qui laisse le temps aux agences médias de mettre la pression. On est rassuré ?

Pour en savoir plus sur le lobbying à Bruxelles des GAFA et autres géants, une belle infographie  d’Alexandre Léchenet à retrouver.

infographie-gafa

Une petite pause pub ?

Google pénalise depuis le 10 janvier les publicités sur sites mobiles, comme les pop-up qui se répandent sur l’écran, les affichages à fermer pour accéder au contenu…

Dans le même temps, Instagram,  instaure, à la manière de Snapchat, les publicités entre ses stories, lancées en septembre 2016.

Et Facebook rend dorénavant possible l’intégration de publicités au contenu : des publicités, type mid-roll, interviennent au bout de 20 secondes. 55% de revenus publicitaires reviendront au réseau social et à l’éditeur.

TF1 veut le dessert    studio71

Tf1 s’allie à l’allemand Studio 71 (filiale de Prosiebensat.1), groupe allemand de contenus vidéos, avec une participation de 6,1 %. Après le rachat en 2016 de Minutebuzz, TF1 veut clairement être plus présent en ligne, et vise une tranche de public jeune. Studio 71 diffuse via les multi channels networks que sont Facebook, Snapchat et YouTube. Libération nous en dit plus :http://www.liberation.fr/futurs/2017/01/12/tf1-decouvre-les-youtubeurs_1540926

C’est un tournant dans la politique de TF1, qui a bataillé plus de six ans avec YouTube. Le site hébergeur diffusait des vidéos issues des programmes de la chaîne. Un chèque d’un million d’euros a permis de cesser le dépôt de dossiers à la justice par TF1. La hache de guerre était enterrée, mais là, la page est vraiment tournée. On est rassuré. Guillaume Champeau de Numérama  reconstitue l’histoire.

Qu’est-ce qui se mange froid ?

YouTube encore, ayant droit toujours. « France Inter a essayé de tuer ma chaîne ». Jean-Luc Mélenchon a réglé ses comptes avec France Inter sur sa chaîne YouTube.

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émission du 04 janvier 2017

En cause : deux vidéos d’émissions de France Inter republiées sur la chaîne YouTube du candidat, sans qu’il en détienne les droits. Suite à la diffusion sur la chaîne de Monsieur Mélenchon de la première émission dont il était l’invité (le 11 décembre) l’équipe de France Inter a adressé un message à l’équipe de campagne. La radio autorise les embeds (afin d’intégrer les liens) mais ne cède pas ses droits. Suite à son second passage le 04 janvier à l’antenne, une nouvelle vidéo a été mise en ligne, la première étant toujours visible. France Inter a saisi alors YouTube, qui a retiré les vidéos du site. L’équipe de Monsieur Mélenchon a reçu deux avertissements de Google ; le règlement prévoit la suppression du site à trois avertissements. On est rassuré.

Un os qui ne passe pas au Gabon

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La Coupe d’Afrique des Nations se déroule au Gabon du 14 janvier au 5 février. Reporters Sans Frontières en profite pour préciser que le Gabon est à la 100ème place de leur classement de la liberté de la presse. Le pays s’est illustré encore récemment par de nombreuses scènes de violences, des connexions internet rendues impossibles et une capacité d’information très limitée. Tous les chiffres des pays africains concernant la liberté de la presse sont à retrouver sur le site de RSF.

Dans le même temps, alors que les joueurs mouillent le maillot, le ministre de la communication gabonais annonce la création d’une imprimerie dans le pays, ainsi qu’une école de journalisme en 2018, pour, dit-il, éviter aux étudiants de se former à l’étranger. On est rassuré.

Et toujours quitter la table sur une bonne nouvelle

Des anciens d’iTélé se mobilisent encore : ils veulent continuer d’informer et se sont associés. Explicite est née !

Créé sous la forme d’une association, cette chaîne d’information sera diffusée via Facebook, Twitter et YouTube. L’équipe est entièrement constituée de journalistes qui ont quitté iTélé suite au mouvement de grève au sein de  la rédaction fin 2016. Des live interactifs seront en ligne à compter du 20 janvier 2017. Durant ce lancement, fragile, l’équipe ne pourra se verser de salaires. Elle compte sur le crowdfunding, et pourquoi pas, des investisseurs. Et souhaite, dans cette perspective, réfléchir à une charte. Chat échaudé…

On est rassuré ?

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La suite la semaine prochaine,

pour de nouvelles actualités médias !

Cette semaine dans les médias : ça bouillonne, ça réfléchit, ça licencie, aussi

Nouvelles technologies, réseaux sociaux, infos express et démentis, licenciements, cette semaine nous donne un petit aperçu d’un journalisme en pleine restructuration.

Licenciements confirmés à la Voix du Nord

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Un phénomène du journalisme moderne qui n’a pas de quoi réjouir. Nous vous en parlions la semaine dernière, c’est confirmé. La direction de la Voix du Nord a officialisé son « plan social ». Concrètement, ça donne 178 suppressions de postes, dont 72 emplois de journalistes. Le Syndicat national des journaliste a déclaré apporter « tout son soutien » aux salariés et regrette une suppression « préventive ».
Les journalistes accusent la loi Travail :

Plus vite que la musique ? 

Les nouvelles vont vite, ces temps-ci : trop vite ? Mercredi, Mediapart a annoncé que les journalistes du titre Le Monde allaient perdre leur minorité de blocage, laissant ainsi le champ libre dans les décisions à Xavier Niel, Pierre Bergé et Matthieu Pigasse, les plus grands actionnaires du groupe. Un peu vite, critique Laurent Borredon dans ce Tweet où il publie un démenti officiel.

Dans un autre registre, question publications hâtives, on ne pouvait manquer cette semaine le conflit ouvert entre Trump et Buzzfeed. Mercredi, le site d’information a publié un rapport explosif « non vérifié et potentiellement non vérifiable » faisant état de liens entre Trump et le Kremlin mais aussi de pratiques sexuelles douteuses lors de ses voyages en Russie.

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La publication de telles informations a suscité de vifs débats notamment chez les journalistes américains.

Dans son analyse, Numerama explique que Buzzfeed a joué la montre. Plusieurs titres détenaient le rapport. Ils ne l’avaient pas publié car il s’agissait d’une source trop peu fiable pour être publiée sans prendre le temps de l’investigation. Une irresponsabilité, pour certains, que Buzzfeed assume pour sa part pleinement. Ben Smith revendique pourtant cette action comme reflétant sa vision du travail de reporter.


Réseaux sociaux et médias

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Facebook vient de nommer une nouvelle responsable médias. Campbell Brown sera chargée des relations avec les médias partenaires. Cette décision intervient dans un climat de critiques envers le réseau social, accusé d’avoir favorisé des contenus et laissé proliférer de fausses informations au sujet des élections présidentielles américaines. Une nomination qui interroge le rôle des réseaux sociaux dans l’information : médias ou pas médias ?

Liberté, liberté chérie

Une possible modification de la loi sur la liberté de la presse a animé les débats cette semaine. Il s’agissait d’un amendement consacrant une différence sur le temps de prescription concernant l’abus de la liberté d’expression entre la presse papier et les publications sur internet. L’argument principal était que les informations préjudiciables restent plus longtemps en circulation sur internet. L’amendement a finalement été rejeté.

Question liberté de la presse, ça chauffe par contre du côté de Rodez entre France 3 et le maire, Christian Teyssèdre. Celui-ci à voulu soumettre à conditions un reportage au musée Soulages : pas d’interview du chargé de la culture de l’agglomération, pas de reportage ! Une affaire qualifiée de « censure » par le SNJ.

On innove

Innover en journalisme, ça passe parfois par l’abandon de vieille traditions, semble-t-il. La Norvège a commencé à débrancher sa radio FM. Le gouvernement compte faire passer tout le pays à la radio numérique d’ici la fin de l’année. La Norvège deviendra alors le premier pays à abandonne complètement la radio FM.

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Pour finir sur une note plus légère, la BBC innove en matière de documentaire animalier ! La chaîne a développé des Animatronics, animaux robotisés ultra réalistes, pour filmer des scènes au plus près des animaux.

Fin de la retransmission ! On se retrouve jeudi prochain pour un nouveau regard sur l’actualité médiatique de la semaine.

Vous prendrez bien un peu plus d’info ? Le petit-déj’ 100% média de la semaine

Le Parisien prend ses distances avec les sondages, Le Washington Post ouvre les vannes pour l’embauche, Twitter modifie sa formule… Pour les médias, 2017 sonne l’heure des bonnes résolutions, mais aussi celle des bilans.

Il faut sauver Twitter

C’est une année complexe qui s’achève pour le réseau des 140 caractères, décrédibilisé à de nombreuses reprises pour ses dérapages et mauvais résultats. Le 29 décembre, le CEO de Twitter, Jack Dorsey, sollicitait le point de vue des utilisateurs :

Un tweet qui a suscité les réponses de nombreux internautes, allant de simples remarques sur le fonctionnement de l’interface à l’abolition du national socialisme. Dans le brouhaha de ces réponses hétéroclites, Jack Dorsey a identifié, dans une série de tweets, les quatre « chantiers » de Twitter pour 2017 : lutter contre le harcèlement, créer une forme d’édition rendant possible la modification des tweets publiés, suivre des sujets d’actualité plutôt que des comptes et continuer les efforts pour faire disparaître le « @ ». Rien que ça.

twitter-balanceBonnes résolutions ou véritables défis ?

L’année 2017 nous le dira, car la santé économique du réseau social reste encore peu compatible avec les vœux de Jack Dorsey.

Journalistes, on embauche au Washington Post

Si le New York Times et le Wall Street Journal baissent la voilure, leur confrère ouvre les rangs de sa rédaction à de nouvelles plumes. Dès le mois de janvier, pas moins de soixante journalistes rejoindront les éditions papier et numérique, qui comptent déjà 750 personnes, soit une augmentation des effectifs à hauteur de 8% d’après le site Politico.

Les raisons de cette bonne nouvelle ? Une forte croissance pour le quotidien américain, dont la fréquentation en ligne a progressé de 50% au cours de l’année passée. D’après l’AFP, les revenus tirés des abonnements en ligne ont doublé et le chiffre d’affaire publicitaire sur les supports numériques a connu une augmentation de 40%, propulsant le quotidien au 51e rang des sites les plus visités aux Etats-Unis. De belles performances économiques qui permettent à la rédaction de commencer l’année à contre-courant.

Sondages : Le Parisien prend ses distances

Les mauvais pronostics du Brexit, de Trump et Fillon ont douché la rédaction du Parisien – Aujourd’hui en France… S’en est assez des sondages !  Vraiment ?

« C’est une pause que l’on s’offre » rectifiait Stéphane Albouy, invité de France Inter mardi 4 janvier dans la matinée. Dans la perspective des élections présidentielles, le directeur des rédactions ajoutait vouloir « retourner à ce qu’est le cœur de notre métier », c’est-à-dire la parole des gens.

Cette « pause » ne concernerait en réalité que les sondages d’intention de vote. A ce jour, le journal n’exclut pas de continuer à commenter les études des autres médias et d’en commander sur des sujets de société.

Un délaissement des chiffres que Brice Teinturier, le directeur général d’Ipsos,  juge « dommage ». Et pour cause, cette « bonne résolution » du quotidien remet en question le partenariat exclusif qu’ils venaient de signer en vue des élections présidentielles.

Le Figaro se perfectionne sur mobile

Vidéos, tweets et cartes, le nouveau format mobile du Figaro se lance ! Un nouvel effort d’innovation éditoriale qui s’inscrit dans la refonte de l’application mobile opérée en 2016.

Avec plus de 72 millions de visites sur mobile en novembre dernier, le journal enregistre près de 54% de son audience sur téléphone. Fervents lecteurs (ou pas) du Figaro, que trouverez vous sur l’application ?

Des images plein écran mais aussi des infographies, des cartes, des citations et des tweets… Certains de ces contenus multimédias seront accompagnés d’articles ou de vidéos pour tout lecteur qui souhaite approfondir un sujet. Deux objectifs donc : rendre l’information ludique pour le lecteur et traiter l’actualité sous des formats toujours plus variés.

Paye ton Journal !

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C’est LA nouvelle page Facebook fondée afin de lutter contre le harcèlement, le sexisme ordinaire et les blagues graveleuses dans la presse écrite.

L’idée est belle mais pas neuve, puisqu’elle s’inscrit dans la continuité de Paye ta shnek, un Tumblr lancé en 2012 à l’initiative d’Anaïs Bourdet, qui donnait la parole aux femmes harcelées dans l’espace public.

Depuis 2012, d’autres ont suivi la route de cette bloggeuse. Paye ta Blouse, Paye ta robe, Paye ta fac ont vu le jour, pour n’en citer que quelque uns. La santé, la justice,  l’université et tous les milieux sujets au sexisme quotidien et au harcèlement se sont vus attribués des blogs, utilisés comme de véritables défouloirs pour les victimes.

Mauvais début d’année à La Voix du Nord

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Menacée par un plan social de grande ampleur dont la nature doit être dévoilée le 10 janvier lors d’un comité d’entreprise extraordinaire, La Voix du Nord connaît des jours plus sombres.

Avec plus de 200 000 exemplaires vendus chaque jour, le quotidien de presse régionale française pourrait supprimer un quart de ses effectifs, soit 178 emplois dont 70 postes de journalistes menacés.

D’après les chiffres de l’OJD, ce plan social est le résultat d’une baisse de la diffusion : entre juillet 2015 et juin 2016, le troisième journal régional du pays a enregistré une chute de 4.6% avec 217 000 exemplaires.

En France, la réduction des effectifs de la VDN s’inscrit dans un contexte d’économie des médias fragilisé. L’année dernière, l’Obs a supprimé 38 postes dans le cadre d’un plan d’économie de près de 5 millions d’euros. Du côté du groupe Lagardère – qui édite entre autre Elle, Télé 7 Jour, Paris Match et le Journal du Dimanche – un plan social visant 220 salariés a également été mis en place l’an dernier, soit le quatrième en moins de dix ans.

Marianne dans l’incertitude pour 2017mariane-566x301

Le tribunal de commerce de Paris statuera jeudi 5 janvier d’un redressement judiciaire de six mois pour le magazine hebdomadaire. Cette décision fait suite à la déclaration de cessation de paiement communiquée par la rédaction à la mi-décembre.

Et pour cause, sur les neufs derniers mois de l’année 2016, la diffusion France payée a baissé de 8.3%  et son chiffre d’affaire publicitaire aurait chuté de 25%.

Ce n’est pas la première fois que Marianne est dans un état critique. Il y a trois ans, le journal traversait déjà de grandes difficultés financières, avant de connaître un court répit en 2015 grâce à une augmentation de ses aides publiques directes (250 000 euros annuels). Pour favoriser son développement numérique, le Fonds stratégique pour le développement de la presse lui avait également fait grâce d’une avance de 450 000 euros et d’un acompte de 200 000 euros.

Aujourd’hui, les 63 salariés se disent favorables à un redressement judiciaire. Le tribunal de commerce a maintenu l’activité du journal, mais prévoit déjà des économies et une hausse de 50 ct en kiosque, qui devraient apporter 730 000 net de recettes supplémentaires. Espérons !

93 journalistes morts en 2016

Le rapport publié début janvier par  la Fédération Internationale des Journalistes et Reporters Sans Frontières dresse un bilan accablant pour la liberté de la presse : au cours de l’année écoulée, 93 journalistes et professionnels des médias sont morts dans l’exercice de leur métier.

En 2015, ils étaient environ 73 d’après le FIJ et 101 pour RSF. Malgré les différences de comptabilisation, les deux associations de défense des journalistes et de la liberté de la presse font état d’une baisse significative du nombre de décès en 2016.

Les zones géographiques les plus meurtrières restent le monde arabe et le Moyen-Orient, qui ont enregistré 30 homicides avec l’Irak qui en compte à elle seule 15, suivis de près par l’Asie-Pacifique (28), l’Amérique Latine (24) puis l’Afrique (8).

Gambie : trois radios privées suspendues par le président

Dimanche 1er janvier, le pouvoir gambien, à la tête duquel siège Yayha Jammeh, a une fois de plus resserrer son étau sur les médias nationaux. A l’approche de la fin de son mandat – le 19 janvier prochain – le président a réduit au silence Terenga FM, Hilltop radio et Afri Radio. Sans aucune raison.

Si Hilltop radio n’est qu’un média de divertissement, Terenga FM aborde les questions politiques à travers des revues de presse en langues locales. Dans ce pays où la plupart de la population s’informe à travers des médias audiovisuels, cette radio connaissait une grande popularité. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’elle connaît ce sort, puisqu’elle a déjà été fermée à plusieurs reprises puis rouverte sous condition. Son ex-rédacteur en chef est quant à lui toujours caché et en fuite.

D’après l’agence Reuters, un salarié d’Afri Radio – du groupe Africell, le deuxième opérateur du pays – aurait expliqué avoir subi le même sort. Affaire à suivre d’ici le 19 janvier.

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C’est tout pour cette semaine,  rendez-vous jeudi prochain pour un nouveau point sur l’actualité des médias !

Du Luxembourg à la Syrie : retrouvez l’actualité médiatique de la semaine

Liberté de la presse, Prix Varennes, Elkabbach et gros poissons. Un compte-rendu copieux pour vous mettre en appétit avant les fêtes de fin d’année.

Luxleaks : Luxembourg contre lanceurs d’alerte épisode 2

« Suite aux révélations Luxleaks, ils ont contribué à une plus grande transparence et équité fiscale. Les deux prévenus ont donc agi dans l’intérêt général et contre des pratiques d’optimisation fiscale moralement douteuses. » Malgré ce portrait flatteur dressé par le ministère public luxembourgeois, les deux lanceurs d’alerte en question, Antoine Deltour et Raphael Halet, ont respectivement été condamnés à douze mois de prison avec sursis et 1500 euros d’amende et neuf mois de sursis et 1000 euros d’amende le 29 juin dernier.

De retour devant les tribunaux pour l’ouverture de leur procès en appel, ils sont accompagnés par le journaliste Edouard Perrin, acquitté en première instance et soutenus par certains médias ou membres de la société civile.

 

Les accusés risquent jusqu’à plusieurs années de prisons fermes pour « vol, violation du secret professionnel, accès frauduleux dans un système informatique et blanchiment de documents soustraits » mais ne regrettent pas leur geste qui, selon Edouard Perrin, a servi « d’accélérateur » sur certains débats concernant les politiques fiscales.

 

Radio : Elkabbach poussé vers la sortie 

Une petite séisme. Voilà l’effet produit par le communiqué du groupe Lagardère annonçant le remplacement par l’actuel directeur de l’information d’Europe 1, François Namias, de l’inusable Jean-Pierre Elkabbach sur le créneau de l’interview politique de 8 heures 20. Figure incontournable de la radio et du paysage médiatique français, ce dernier quitte un poste qu’il a occupé sans discontinuer pendant 29 années. Au cœur du remaniement décidé par le PDG de Lagardère Active, Denis Olivennes, il fait notamment les frais de mauvaises audiences et de sa sortie ratée face à Bruno Le Maire lors du dernier débat des primaires de la droite. Recasé les samedis et dimanches pour « renforcer l’offre politique du week-end », il aura toutefois l’occasion de continuer à enrichir son palmarès de répliques mémorables.

 

Economie des médias : ça bouge chez les poids lourds

D’un côté le président de Vivendi et de l’autre celui de Mediaset. Plus connus sous les noms de Vincent Bolloré et Silivio Berlusconi, les deux mastodontes se livrent un bras de fer musclé provoqué par le milliardaire breton.

 

Il y a peu, les deux hommes entretenaient encore des relations amicales. Il était alors question de créer un « Netflix du sud », capable de s’imposer comme l’une des références mondiales en matière de vidéo à la demande, avec comme point d’orgue le rachat par Bolloré de la filiale de télévision payante : Mediaset Premium. L’accord a depuis été annulé, l’affaire portée devant les tribunaux et surtout, la société du français a brutalement acquis 20% de celle de l’Italien. Pour en prendre le contrôle ? Pour le forcer à revenir à la table des négociations ? Pour servir les intérêts de Telecom Italia dont il est propriétaire ? Affaire à suivre…

… Tout comme le potentiel rachat de Canal + par Orange.  L’opérateur a indiqué par la voix de son président Stéphane Richard être intéressé par une éventuelle acquisition : « si Canal + était à vendre ». Depuis quelques mois, les deux entreprises mènent une collaboration fructueuse qui permet à Orange de proposer à prix cassé les chaines thématiques de Canalsat et à l’entreprise de Vincent Bolloré de comptabiliser de nouveaux abonnés. Si de multiples discussions ont eu lieu, ce dernier n’aurait toutefois pas l’intention de céder son groupe audiovisuel.

Contrairement au Breton, RTL et M6, respectivement représentés par Christopher Baldelli et Nicolas de Tavernost, ont concrétisé leur union.

 

Le second rachète le groupe du premier pour former un nouvel ensemble pesant 1,4 Milliard de chiffre d’affaire et disposant d’une régie publicitaire unique. L’objectif affiché est de croître via la concentration, en profitant notamment des compétences de chacun pour proposer de meilleurs sites d’informations, bien que selon Christopher Bardelli : « les deux métiers de la radio et de la télévision conserveront leurs marques et leurs lignes éditoriales propres. »

 

Récompenses : Le prix Varennes remporté par un journaliste Syrien

Décembre marque, comme chaque année, le temps des distinctions. Moins connu que le Ballon d’Or (remporté cette semaine par le Portugais Cristiano Ronaldo au cœur des révélations des Football Leaks), le prix Varenne récompense cette année le Syrien Karam Al-Masri.

 

Collaborateur de l’AFP né il y a 25 ans à Alep,il a été couronné pour son reportage « Abou Omar, collectionneur de voitures à Alep en guerre », l’histoire d’un vieil homme qui a choisi de rester à Alep pour prendre soin de ses voitures de collection.

 

Bonus :

Le père Noel vous souhaite de joyeuses fêtes et vous donne rendez-vous l’année prochaine pour notre prochaine revue de presse sur l’actualité des médias.

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Le petit-dej’ média des étudiants de SciencesPo Rennes

Vous n’avez pas pu suivre l’actualité des médias de cette semaine ? La mise en cause de la crédibilité des journalistes, Apple qui tente de réguler votre flux d’information ou encore les dernières frasques juridiques de Vincent Bolloré n’ont pas trouvé place dans votre emploi du temps ? Pas de problème, comme chaque jeudi, on se charge de faire le point avec vous tout en accompagnant votre café matinal.

Vers un agacement généralisé de la désinformation

François Hollande ne se représentera pas en 2017. Si le président français a officiellement renoncé à briguer un second mandat, pour les différents acteurs médiatiques, ce scénario était loin d’être une évidence. Acrimed publie un montage, compilant les différents titres des quelques jours qui ont précédé l’annonce du président de la République.

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Cette action fait écho à un procédé similaire au moment de la déroute d’Alain Juppé lors de la primaire de la droite. Pour l’observateur des médias, c’est surtout le moyen d’appuyer sur la préoccupation des médias, en période électorale, à mettre en avant les hommes et personnalités plutôt que les enjeux et questions susceptibles de nourrir le débat politique.

Une perte de crédibilité des médias traditionnels qui pourraient conduire une partie du lectorat à s’informer autrement. C’est le cas aux Etats-Unis où les sites de « fake news » (qu’on pourrait traduire par « site d’infaux ») sont au coeur du débat depuis plusieurs semaines. Le Monde revient sur le dernier fait en date, le Pizzagate. Où comment une simple rumeur diffusée par des comptes twitter et sites conspirationniste, a pu devenir un sujet relayé par le Washington Post ; et conduire un homme à faire irruption dans une pizzeria, tirant plusieurs coups de feu.

Pour approfondir sur les « sites d’infaux » :

Arrêt sur images : « Mais au fait, qui sont les « sites d’infaux » américains ? » 

Et chez les social média, il se passe quoi ?

« Selon vous, le titre de ce lien emploie-t-il un langage trompeur ? »

C’est avec cette question que Facebook souhaite mettre un terme à la viralité des fausses informations. En invitant les utilisateurs a signalé le contenu par l’intermédiaire d’un sondage, le réseau social tente de soigner son image entachée par les critiques depuis l’élection de Donald Trump. D’ailleurs, les géants du web que sont Facebook, Twitter, Microsoft et Youtube s’unissent pour lutter contre le terrorisme. Une décision qui intervient alors que les réseaux sociaux sont très critiqués pour être, à leur insu, les vecteurs de la propagande terroriste.

Autrement, Facebook a annoncé la sortie prochaine de « Collection ». Une nouvelle fonctionnalité visant à mettre en avant les contenus de médias partenaires, dont la plate-forme web d’Europe 1 en détaille la stratégie. Un clone de Snapchat Discover ? S’il est évident que Facebook semble s’inspirer de l’application de vidéos éphémères, il en reste que le contrôle de l’information et la manne financière pourraient être considérable pour la firme de Mark Zuckerberg.

Les médias, une visibilité à tout prix ?

Cette semaine, Inaglobal.fr a publié un article sur la place des contenus News dans la stratégie d’Apple. De l’instrumentalisation d’un geste banalisé par les utilisateurs d’iPhone (le fameux geste vers la droite), le géant américain tente de contrôler et de codifier notre manière de consommer l’information. La régulation du flux d’information et des sources spécialement choisi par Apple, entraîne les éditeurs à une compétition féroce pour figurer dans le widget du nouvel iOs, sans que la firme à la pomme n’ai à les financer.

Un procédé qui pourrait à terme, banaliser le contenu des éditeurs. Ces derniers sont substitués à de simples « matières premières », puisque faisant parti d’une rotation dans la chaîne d’information. Les médias pourraient perdre leur identité et à terme, être réduit à un chaînon au service d’Apple. Cette question apparaît d’autant plus délicate qu’un rapport de l’agence Zenith Optimedia évoque la migration des annonceurs vers les médias sociaux,  au détriment des journaux. Une tendance qui suivrait l’évolution de consommation de l’information, qui tendraient à aller vers les réseaux sociaux.

« En 2019, Facebook, Twitter, Instagram, Snapchat et autres réseaux pèseront au total 50 milliards de dollars« 

En restant sur des chiffres sidérants, les révélations autour du Football Leaks montrent un autre aspect de la visibilité des médias. Cette plus grande fuite d’information de l’histoire du football est menée par un réseau de médias européens, dont Mediapart fait partie : European Investigative Collaborations (EIC). Les journalistes de 12 médias ont décortiqué l’équivalent de 500 000 bibles de données informatiques de tout genre : e-mail, documents numérisés, contrats pour montrer les dessous du sport le plus populaire de la planète. Publié la veille du match le plus suivi de la planète, FC Barcelone – Real Madrid, le sujet est rapidement devenu l’un des sujets les plus commentés sur les réseaux sociaux ces derniers jours et Cristiano Ronaldo, rapidement érigé en allégorie de Goldmann Sachs gominé, avec ces 150 millions d’euros détournés au Trésor public espagnol.

En France, Vincent Bolloré (encore) au centre de l’actualité médiatique

Alors que le milieu médiatique pleure le décès de l’ancien président de France Télévision, Rémy Pflimlin, figure emblématique des médias, Vincent Bolloré fait encore parler de lui.

Près d’un mois après la question iTélé, Bolloré porte plainte contre France 2. En cause, le reportage dont il fait l’objet par l’émission Complément d’enquête au sujet de ses activités africaines. Après avoir porté plainte une première fois au Cameroun, réclamant au passage la somme de 50 millions d’euros, le propriétaire de C+ traîne la chaîne publique, en justice, pour diffamation le 1er décembre 2016.

Le même jour, se tenait le procès en appel du puissant homme d’affaires breton contre Bastamag. Le média indépendant qui avait qualifié les activités de Vincent Bolloré à une forme de « néocolonialisme » en Afrique a été traîné en justice, huit mois après une première relaxe. L’entrepreneur y voit un « travail de cochon » et un « article insupportable » pour son honneur.

 

Vincent Bolloré peut aussi soucier au niveau concurrentiel. Après avoir repris les droits de diffusion du championnat de Premier League, Altice et SFR, propriété de Patrick Drahi ont réussi à signer deux partenariats exclusifs avec deux géants américains Discovery et NBCUniversal. C’est un grand coup pour SFR qui élargit son bouquet audiovisuel avec des partenariats exclusifs dans le divertissement, le cinéma et les séries… domaines qui pendant longtemps fûrent la marque de fabrique du groupe Canal +. L’interview du directeur adjoint souligne la volonté de SFR de s’affirmer comme un nouvel opérateur convergent, désireux de se projeter au-delà de son cercle d’abonnés.  Un revers de plus pour Vincent Bolloré et de grandes chances qu’on vous reparle du sulfureux propriétaire de C+ ces prochaines semaines.

Bonus : Sûr d’avoir tout compris ? Un petit quizz est là pour vérifier vos connaissance https://www.playbuzz.com/mehdim10/as-tu-bien-compris-larticle

C’est tout pour cette semaine, rendez-vous la semaine prochaine pour un nouveau tour de la question média. Agréable journée, restez connectés. giphy

 

 

La revue 100% médias de la semaine

TV en ligne, politique et publicité. Trois thématiques à l’honneur chez les médias durant la semaine passée. Un panorama en 33 minutes à parcourir, selon le temps et l’envie, au cours de votre journée.

Afficher l'image d'origineTélévision en ligne

C’est l’information, pourtant attendue, qui a bouleversé les médias cette semaine. L’étude réalisée par eMarketer (2 min) dévoile qu’en 2017, les Français consacreront plus de temps à leurs « activités numériques » qu’à regarder la télévision. La question de l’évolution des modes de consommation télévisuelle préoccupent les chaînes. Et les grands moyens sont déjà déployés pour y faire face.

Les Echos analyse ainsi l’arrivée des chaînes de télévision en accès direct sur le web (4 min). En lançant leurs nouvelles offres « OTT » (Over The Top), OCS, SFR Sport, ou encore Paris Première, les chaînes s’émancipent des traditionnelles boxes et des opérateurs pour s’adresser aux 4 millions de Français qui n’ont pas la TV.

Les stratégies ne manquent d’ailleurs pas pour attirer les audiences. La chaîne CNN a ainsi décidé de s’associer au Youtuber Casey Neistat (2 min 30), en rachetant l’application créé par ce dernier. L’objectif : créer un nouveau média, mais aussi, et surtout, récupérer les millions d’internautes qui suivent la star du web. Les réactions à l’annonce de la fin de son vlog  (videoblog) n’ont pas manqué sur Twitter :

« Tes magouilles quotidiennes vont nous manquer @CaseyNeistat!
Il met fin à son légendaire vlog »

Si la télévision semble sur le point de se faire dépasser par les outils numériques, un chiffre a néanmoins fait plaisir à L’Equipe cette semaine :

564 000

C’est le pic de nombre de téléspectateurs atteint par la chaîne L’Equipe devant les épreuves de Biathlon (30 secondes).  Une bonne nouvelle pour cette chaîne qui côtoie régulièrement le bas de classement en terme d’audience. Elle se positionne en avant-dernière position des chaînes de la TNT (2 min), avec 0,9% des parts pour le mois de novembre.

Afficher l'image d'origineMédias, réseaux sociaux et politique

A peine déclarée candidate aux prochaines élections à la Chancellerie de l’Allemagne, Angela Merkel a exprimé ses inquiétudes (4 min) concernant l’impact des réseaux sociaux et des « bots » – abréviation de « robots » – sur la campagne. Cette préoccupation s’est imposée à la Chancelière après l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis, durant laquelle la prolifération de fausses informations sur Facebook et Twitter a largement été mise en cause.

Pourtant, les « bots » sont en train de se développer dans les média. Barbara Chazelle et Méta-Média reviennent pour vous en 3 minutes 30 sur les enjeux de cette nouvelle technologie :

Les effets des « bots » et des réseaux sociaux sur les élections politiques restent néanmoins à relativiser en France. C’est ce que montre l’enquête réalisée par France Culture au sein des équipes de campagne d’Alain Jupé et de François Fillon lors la primaire (7 min). Les réseaux sociaux sont devenus de véritables atouts pour la diffusion des messages politiques, mais finalement, leur impact sur les discours et les programmes des candidats est quasiment nul.

Aux Etats-Unis, les médias qui ont majoritairement soutenu Hillary Clinton, tentent désormais de mettre en place des relations claires avec le nouveau Président élu. La situation semble néanmoins délicate, comme le rapporte le New York Post, pour décrire une réunion tenue avec plusieurs grands noms du journalisme télévisuel :

« La rencontre a été un peloton d’exécution (…) un désastre total (…) Donald Trump répétait : “Nous sommes dans une salle de menteurs, de médias déloyaux et malhonnêtes qui n’ont rien compris.” »

Le New York Times a ainsi décidé de jouer la carte de la transparence (3 min 30), en publiant une interview du Président intégralement sous forme de verbatim et en réalisant un live-tweet de l’entretien. Le journal a d’ailleurs vu augmenté son lectorat de près de 132 000 abonnés (3 min) depuis l’élection de Donald Trump, soit dix fois plus qu’à la même période l’an passé.

Afficher l'image d'origineL’économie des médias

En France, c’est la situation financière des médias qui inquiète. L’exemple du quotidien régional La Marseillaise, placé en redressement judiciaire depuis lundi 28 novembre (1 min 30), est révélateur de l’impact de la baisse des revenus publicitaires des journaux. Plus largement, le bilan mis à jour par l’Institut de recherches et d’études publicitaires (1 min) atteste d’une baisse généralisée pour le troisième trimestre de 2016, même si cette diminution reste moins prononcée que pour les années précédentes.

En parlant publicité, et pour clôturer ce panorama de l’info médias, une étude réalisée par l’Université de Standford a démontré que près de 82% des étudiants ne savaient pas distinguer un contenu sponsorisé sur les sites d’actualités (1 min 30). Une information qui devrait peut-être inciter à les repèrer.

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C’est tout pour cette semaine, rendez-vous jeudi prochain pour un nouveau point sur l’actualité des médias !