Vous prendrez bien un peu plus d’info ? Le petit-déj’ 100% média de la semaine

Le Parisien prend ses distances avec les sondages, Le Washington Post ouvre les vannes pour l’embauche, Twitter modifie sa formule… Pour les médias, 2017 sonne l’heure des bonnes résolutions, mais aussi celle des bilans.

Il faut sauver Twitter

C’est une année complexe qui s’achève pour le réseau des 140 caractères, décrédibilisé à de nombreuses reprises pour ses dérapages et mauvais résultats. Le 29 décembre, le CEO de Twitter, Jack Dorsey, sollicitait le point de vue des utilisateurs :

Un tweet qui a suscité les réponses de nombreux internautes, allant de simples remarques sur le fonctionnement de l’interface à l’abolition du national socialisme. Dans le brouhaha de ces réponses hétéroclites, Jack Dorsey a identifié, dans une série de tweets, les quatre « chantiers » de Twitter pour 2017 : lutter contre le harcèlement, créer une forme d’édition rendant possible la modification des tweets publiés, suivre des sujets d’actualité plutôt que des comptes et continuer les efforts pour faire disparaître le « @ ». Rien que ça.

twitter-balanceBonnes résolutions ou véritables défis ?

L’année 2017 nous le dira, car la santé économique du réseau social reste encore peu compatible avec les vœux de Jack Dorsey.

Journalistes, on embauche au Washington Post

Si le New York Times et le Wall Street Journal baissent la voilure, leur confrère ouvre les rangs de sa rédaction à de nouvelles plumes. Dès le mois de janvier, pas moins de soixante journalistes rejoindront les éditions papier et numérique, qui comptent déjà 750 personnes, soit une augmentation des effectifs à hauteur de 8% d’après le site Politico.

Les raisons de cette bonne nouvelle ? Une forte croissance pour le quotidien américain, dont la fréquentation en ligne a progressé de 50% au cours de l’année passée. D’après l’AFP, les revenus tirés des abonnements en ligne ont doublé et le chiffre d’affaire publicitaire sur les supports numériques a connu une augmentation de 40%, propulsant le quotidien au 51e rang des sites les plus visités aux Etats-Unis. De belles performances économiques qui permettent à la rédaction de commencer l’année à contre-courant.

Sondages : Le Parisien prend ses distances

Les mauvais pronostics du Brexit, de Trump et Fillon ont douché la rédaction du Parisien – Aujourd’hui en France… S’en est assez des sondages !  Vraiment ?

« C’est une pause que l’on s’offre » rectifiait Stéphane Albouy, invité de France Inter mardi 4 janvier dans la matinée. Dans la perspective des élections présidentielles, le directeur des rédactions ajoutait vouloir « retourner à ce qu’est le cœur de notre métier », c’est-à-dire la parole des gens.

Cette « pause » ne concernerait en réalité que les sondages d’intention de vote. A ce jour, le journal n’exclut pas de continuer à commenter les études des autres médias et d’en commander sur des sujets de société.

Un délaissement des chiffres que Brice Teinturier, le directeur général d’Ipsos,  juge « dommage ». Et pour cause, cette « bonne résolution » du quotidien remet en question le partenariat exclusif qu’ils venaient de signer en vue des élections présidentielles.

Le Figaro se perfectionne sur mobile

Vidéos, tweets et cartes, le nouveau format mobile du Figaro se lance ! Un nouvel effort d’innovation éditoriale qui s’inscrit dans la refonte de l’application mobile opérée en 2016.

Avec plus de 72 millions de visites sur mobile en novembre dernier, le journal enregistre près de 54% de son audience sur téléphone. Fervents lecteurs (ou pas) du Figaro, que trouverez vous sur l’application ?

Des images plein écran mais aussi des infographies, des cartes, des citations et des tweets… Certains de ces contenus multimédias seront accompagnés d’articles ou de vidéos pour tout lecteur qui souhaite approfondir un sujet. Deux objectifs donc : rendre l’information ludique pour le lecteur et traiter l’actualité sous des formats toujours plus variés.

Paye ton Journal !

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C’est LA nouvelle page Facebook fondée afin de lutter contre le harcèlement, le sexisme ordinaire et les blagues graveleuses dans la presse écrite.

L’idée est belle mais pas neuve, puisqu’elle s’inscrit dans la continuité de Paye ta shnek, un Tumblr lancé en 2012 à l’initiative d’Anaïs Bourdet, qui donnait la parole aux femmes harcelées dans l’espace public.

Depuis 2012, d’autres ont suivi la route de cette bloggeuse. Paye ta Blouse, Paye ta robe, Paye ta fac ont vu le jour, pour n’en citer que quelque uns. La santé, la justice,  l’université et tous les milieux sujets au sexisme quotidien et au harcèlement se sont vus attribués des blogs, utilisés comme de véritables défouloirs pour les victimes.

Mauvais début d’année à La Voix du Nord

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Menacée par un plan social de grande ampleur dont la nature doit être dévoilée le 10 janvier lors d’un comité d’entreprise extraordinaire, La Voix du Nord connaît des jours plus sombres.

Avec plus de 200 000 exemplaires vendus chaque jour, le quotidien de presse régionale française pourrait supprimer un quart de ses effectifs, soit 178 emplois dont 70 postes de journalistes menacés.

D’après les chiffres de l’OJD, ce plan social est le résultat d’une baisse de la diffusion : entre juillet 2015 et juin 2016, le troisième journal régional du pays a enregistré une chute de 4.6% avec 217 000 exemplaires.

En France, la réduction des effectifs de la VDN s’inscrit dans un contexte d’économie des médias fragilisé. L’année dernière, l’Obs a supprimé 38 postes dans le cadre d’un plan d’économie de près de 5 millions d’euros. Du côté du groupe Lagardère – qui édite entre autre Elle, Télé 7 Jour, Paris Match et le Journal du Dimanche – un plan social visant 220 salariés a également été mis en place l’an dernier, soit le quatrième en moins de dix ans.

Marianne dans l’incertitude pour 2017mariane-566x301

Le tribunal de commerce de Paris statuera jeudi 5 janvier d’un redressement judiciaire de six mois pour le magazine hebdomadaire. Cette décision fait suite à la déclaration de cessation de paiement communiquée par la rédaction à la mi-décembre.

Et pour cause, sur les neufs derniers mois de l’année 2016, la diffusion France payée a baissé de 8.3%  et son chiffre d’affaire publicitaire aurait chuté de 25%.

Ce n’est pas la première fois que Marianne est dans un état critique. Il y a trois ans, le journal traversait déjà de grandes difficultés financières, avant de connaître un court répit en 2015 grâce à une augmentation de ses aides publiques directes (250 000 euros annuels). Pour favoriser son développement numérique, le Fonds stratégique pour le développement de la presse lui avait également fait grâce d’une avance de 450 000 euros et d’un acompte de 200 000 euros.

Aujourd’hui, les 63 salariés se disent favorables à un redressement judiciaire. Le tribunal de commerce a maintenu l’activité du journal, mais prévoit déjà des économies et une hausse de 50 ct en kiosque, qui devraient apporter 730 000 net de recettes supplémentaires. Espérons !

93 journalistes morts en 2016

Le rapport publié début janvier par  la Fédération Internationale des Journalistes et Reporters Sans Frontières dresse un bilan accablant pour la liberté de la presse : au cours de l’année écoulée, 93 journalistes et professionnels des médias sont morts dans l’exercice de leur métier.

En 2015, ils étaient environ 73 d’après le FIJ et 101 pour RSF. Malgré les différences de comptabilisation, les deux associations de défense des journalistes et de la liberté de la presse font état d’une baisse significative du nombre de décès en 2016.

Les zones géographiques les plus meurtrières restent le monde arabe et le Moyen-Orient, qui ont enregistré 30 homicides avec l’Irak qui en compte à elle seule 15, suivis de près par l’Asie-Pacifique (28), l’Amérique Latine (24) puis l’Afrique (8).

Gambie : trois radios privées suspendues par le président

Dimanche 1er janvier, le pouvoir gambien, à la tête duquel siège Yayha Jammeh, a une fois de plus resserrer son étau sur les médias nationaux. A l’approche de la fin de son mandat – le 19 janvier prochain – le président a réduit au silence Terenga FM, Hilltop radio et Afri Radio. Sans aucune raison.

Si Hilltop radio n’est qu’un média de divertissement, Terenga FM aborde les questions politiques à travers des revues de presse en langues locales. Dans ce pays où la plupart de la population s’informe à travers des médias audiovisuels, cette radio connaissait une grande popularité. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’elle connaît ce sort, puisqu’elle a déjà été fermée à plusieurs reprises puis rouverte sous condition. Son ex-rédacteur en chef est quant à lui toujours caché et en fuite.

D’après l’agence Reuters, un salarié d’Afri Radio – du groupe Africell, le deuxième opérateur du pays – aurait expliqué avoir subi le même sort. Affaire à suivre d’ici le 19 janvier.

200

C’est tout pour cette semaine,  rendez-vous jeudi prochain pour un nouveau point sur l’actualité des médias !

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