L’actu médias de la semaine : fake news, Trump, Facebook, les médias réagissent

donal-trump« Crise des médias », « fin du journalisme », « post-vérité » voilà les termes qu’on a entendu en 2016. Mais les médias ne se laissent pas faire : ils s’adaptent et répliquent.

Les médias partent à la guerre contre les fake news

Les fake news

Le mot « fake news » fait partie des mots tendance de l’année 2016 et de ce début d’année 2017. Si vous n’êtes pas familiers avec cette novlangue née lors de l’élection présidentielle américaine, ne vous inquiétez pas, les Décodeurs du Monde vous proposent un lexique.

On les traduit souvent à tort par « fausses informations » ou « faux articles », ratant que la fake news n’est pas seulement erronée : elle est volontairement trompeuse. C’est un faux, une imitation, une contrefaçon.

Le concept montre déjà ses limites : fourre-tout, il est déjà réutilisé à tort par les théoriciens du complot. Cependant puisqu’il est omniprésent et évoqué continuellement, il faut le traiter.

Pour Jean-Marie Charon, les fakes news sont l’évolution web d’un phénomène historique. Avec Internet qui leur donne une meilleure exposition et une défiance des médias accrue, elles prennent une ampleur très importante.

De nouveaux outils 

Pour faire face au phénomène, les sites des médias traditionnels s’arment d’équipes de fact-checking, que l’on retrouve chez Libération ou chez les Echos par exemple. Les Décodeurs sont passés à l’étape supérieure cette semaine en créant un moteur de vérification des sources d’information, Décodex. Le principe est simple : le lecteur entre l’adresse du site où il a trouvé l’information sur laquelle il s’interroge. Si celui-ci est recensé dans la base de données, qui compte plus de 600 adresses, une description du site et un avis sur la pertinence de son contenu apparaît. Cette démarche est accompagnée d’un ensemble d’articles sur la nécessité de vérifier l’information et sur les méthodes de vérification.

Au Royaume-Uni, la BBC parle quant à elle de reality-check, et non de fact-checking. Une équipe spécialisée, un retour à de l’information plus lente, et une présence accrue sur les réseaux sociaux : voilà son plan de combat.

Les journalistes prennent enfin le web au sérieux

Eric Scherer, directeur de la prospective à France Télévision, revient sur la post-vérité par une approche historique. En conclusion, la nécessité d’une revalorisation du journalisme, plus particulièrement sur le web. Pour lui, la guerre contre ces fake news passe par une appropriation du numérique par les journalistes, qui ont mis du temps avant de prendre le web au sérieux.  

Les fake news méritent-elles toute cette attention ? 

Jacob L. Nelson, étudiant américain en journalisme, a publié des résultats de ses recherches dans le cadre de son PhD. Il s’interroge sur la pertinence des fake news : d’après ses recherches, celles-ci attirent nettement moins d’audience que les real news et sont regardés pendant moins longtemps. De plus, les lecteurs de fake news consultent parallèlement des sites de real news. Le phénomène est bien réel, mais son étude questionne une possible surréaction des médias.

Les médias américains entrent en résistance

Les médias sont les cibles privilégiées du nouveau président des Etats-Unis, Donald Trump, et de son administration. Son haut conseiller stratégique, Ed O’Bannon,  s’est lâché devant les micros : accusés de malhonnêteté et de complotisme, les médias devraient d’après lui se taire… mais c’est plutôt lui qui n’est pas entendu.

A la tête d’un webshow politique sur GQ, Keith Olbermann appelle ses confrères et consoeurs à ne pas se laisser faire. Face aux accusations et aux mensonges prononcés par le gouvernement, il appelle au boycott de l’administration. Olbermann a d’ailleurs renommé son show « the Resistance » à la suite de l’élection de Trump, et il ne compte pas se laisser faire.

 

Le paysage médiatique américain ne fait pas que résister, il tire également des leçons de la crise qu’il vient de traverser. Le New York Times a communiqué son plan de développement, pour les 3 prochaines années. Au programme : remettre le lecteur au centre de la démarche journalistique, multiplier les formats de diffusion, et réinvestir internet avec des nouveaux contenus numériques.

Les médias américains sont à un tournant : la méfiance du gouvernement est à la fois un danger pour eux, mais aussi une opportunité de se redéfinir. Pendant quatre ans, leur rôle va être primordial, et les yeux rivés sur eux. A eux de saisir l’opportunité.

Les robots de plus en plus présents dans le journalisme

L’intérêt des médias pour les algorithmes est grandissant. Certain sites disposent de bots qui leur rédigent une partie de leurs articles, d’autres en ont pour répondre aux questions du lecteur. Télérama s’est intéressé aux chatbots : des robots qui prennent contact avec les lecteurs par des messageries comme le messenger de Facebook ou WhatsApp. Les chatbots permettent de produire une information personnalisée selon les données laissées par le lecteur, sous une forme ludique parfois proche du jeu vidéo. Un grand défaut cependant, cette personnalisation se fait au prix d’une certaine intrusion dans la sphère privée du lecteur. Même si l’on est encore loin du Skynet  de Terminator, certaines limites sur l’usage des données sont à définir.

terminator

Source : publicdomainpicture.com

De plus, on retiendra que malgré cette tendance vers la robotisation, les lecteurs préféreraient encore leur journal papier.  La guerre contre les bots n’est donc pas encore au programme

Les médias face au duopole Google/Facebook

Ça y est ! En 2016, une étape symbolique a été franchie : le numérique est le canal qui génère le plus de revenu publicitaire.  Avec 3,453 milliard d’euros, ce marché détrône celui de la télévision. Néanmoins, on ne peut pas vraiment s’en réjouir puisque la majeure partie de ces recettes est captée par Google et Facebook.

Cette tendance est aggravée par l’explosion de la publicité sur mobile, où les deux compagnies possèdent quasiment un duopole. Pour le monde du journalisme, ces nouvelles ne sont pas bonnes : l’argent des annonceurs se détourne du papier et de la télévision, sans financer pour autant les projets journalistiques numériques. En plus de cela, l’utilisation d’AdBlock a augmenté de plus de 30% à l’échelle mondiale. Or, si la publicité est bloquée, les sites hébergeurs ne reçoivent pas l’argent des annonceurs…

I-Télé continue à s’enfoncer 

Après avoir vécu un mois de grève, encaissé le départ d’une grande majorité de sa rédaction, et fait venir Jean-Pierre ElKabbach, I-Télé continue à faire parler d’elle. Cette fois, c’est « l’affaire Pénélope » qui est ignorée pendant plus de trois heures d’antenne, sur une chaîne d’information continue…

Parallèlement, Explicit vient de lancer une campagne de crowdfunding. 

Le média 100% réseaux sociaux des anciens d’I-Télé veut récolter 150 000 € afin d’acheter du matériel et de régler les frais liés aux déplacements de ses journalistes. En revanche, l’ensemble des membres d’Explicit continuera a travailler bénévolement, en attendant de mettre en place un business plan viable.

A jeudi prochain pour un nouveau point sur l’actualité médiatique !

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