Quel programme pour nos médias cette semaine?

Cette semaine dans notre revue média : la success story de Brut, le bad buzz de Mehdi Meklat et la nouvelle stratégie de TF1.

 

Brut, le média social français qui décolle

Cette semaine, le média Brut a fait beaucoup parler de lui. Le 16 février dernier Libération publie un papier et diffuse l’information de l’exportation de Brut aux Etats-Unis. En effet, le média vient de lancer le recrutement de 3 journalistes américains. « Il ne s’agit pas de monter une filiale aux Etats-Unis, mais de tester là-bas notre intuition qu’il y a de la place pour une offre d’info politique sur les réseaux sociaux. On va le faire très prudemment, en nous développant doucement depuis la France», explique Guillaume Lacroix, l’un des trois créateurs de Brut, dans l’article de Libération.

Mais tout d’abord qu’est ce que c’est Brut? C’est un média né il y a 3 mois, qui diffuse ses informations uniquement sous forme de vidéos et surtout, uniquement sur les réseaux sociaux. Il propose un contenu qui se focalise sur l’actualité et les questions politiques, en l’abordant avec une approche humoristique. Si récemment a Brut fait parler de lui, c’est aussi grâce à la vidéo de François Fillon qu’ils ont publié en réaction à l’affaire des possibles emplois fictifs de la famille Fillon. Celle ci a été visionnée plus de 2,8 millions de fois sur Facebook et partagée plus de 44 000 fois.

 

Avec un tel succès, le média intrigue forcément. Il a donc droit à son petit décryptage dans l’Express le 18 février dernier. On y parle des créateurs : Renaud Le Van Kim, ancien producteur du Grand Journal, Guillaume Lacroix, co-fondateur du Studio Bagel et Laurent Lucas, ancien rédacteur en chef adjoint du Petit Journal lorsqu’il était présenté par Yann Barthès. De telles personnalités laissent présager un contenu intéressant, au moins intriguant. Et c’est ce que semble dire un classement de Stratégie, qui place Brut premier dans son classement sur le taux d’engagement sur Facebook (mesure de la qualité des interactions postées sur une publication).

 

Pour aller plus loin…

• Le média place aussi ses pions en France. En effet, Brut signe un accord avec France Télévisions pour monétiser ses vidéos.

• La stratégie de la présence uniquement sur les réseaux sociaux n’est pas l’apanage de Brut. Dans cette démarche il y a aussi Explicite, qui annonçait récemment dans #Média qu’il proposerait bientôt une appli payante avec des « reportages et des contenus non périssables ».

 

Mehdi Meklat and Mister Hyde

Depuis quelques jours, une polémique se créé autour du duo Mehdi Meklat et Marcelin Deschamps. Pour poser le contexte, Mehdi Meklat est un journaliste et auteur de 24 ans, ancien du Bondy Blog et de France Inter, particulièrement apprécié avec Badroudine Saïd Abdallah, pour l’écriture de leurs chroniques à quatre mains. Celui qui semblait pourtant avoir une belle voie tracée dans les médias se retrouve aujourd’hui au coeur d’un scandale. En effet on apprend récemment que Mehdi Meklat avait un double maléfique sur twitter, Marcelin Deschamps, avec lequel il twittait des profs haineux relevant de l’antisémitisme, de l’homophobie et de la misogynie.

S’il assume entièrement la paternité de ces tweets, il plaide la « double fiction » dans une interview donnée au Télérama, juste avant de disparaitre de la toile, histoire de se faire oublier un temps. Il explique que « Marcelin Deschamps, c’était une part d’ombre, un personnage honteux, horrible. En même temps, il était ma part de liberté. »

Chez Causeur, on aborde le sujet sous l’angle de la légalité. Quelles conséquences pour Mehdi Meklat, pour avoir tenus des propos condamnable sur la toile? Aucune si ce n’est une mauvaise presse pour les quelques temps à venir. Comme on peut le lire dans l’article, « en matière de presse, la prescription est courte. Prescription originellement trimestrielle (à compter de sa publication), elle est portée à 1 an pour les délits susvisés » l’auteur des tweets ne devra donc pas en répondre devant la justice.

 

Nouvelle stratégie pour TF1

Malgré un chiffre d’affaire qui a progressé de 2,9%, les recettes publicitaires et le résultat opérationnel des chaines gratuites du groupe TF1 ont baissé. Celui ci a donc communiqué sur sa stratégie « multichaîne, multimédia et multimétier » ce jeudi 16 février dernier.

.groupe_tf1

Dans un article disponible sur Le Monde, on décrypte cette stratégie de TF1, un média traditionnel qui lutte contre la fuite des publicités sur le web et la baisse de ses audiences. Il faut rappeler que TF1, ce n’est pas seulement la chaine 1, c’est aussi TMC, NT1, HD1 et LCI. Et chaque baisse d’audience coûte cher. Alors le groupe cherche à se repositionner, notamment en concentrant ses investissements sur des tranches stratégiques (12-14h et 19-23h). TF1 prend aussi le pli du numérique. Sa video à la demande représente 10 à 20% d’audience supplémentaire pour l’antenne, le groupe veut ainsi accroitre son inventaire en ligne de 15% afin d’augmenter cette audience internet. Autre mesure, le ciblage publicitaire sur internet va être mis à l’honneur, pour collecter davantage des données sur les spectateurs et ainsi proposer des publicités ciblées à l’antenne dans le futur.

Le Point fait lui le lien entre la situation de TF1 et celle de Canal+. On peut lire que la stratégie du groupe TF1 ressemble fortement à celle du groupe Canal+. Il est souligné dans l’article la logique de cette situation dans la mesure où « depuis son arrivée à TF1 en remplacement de Nonce Paolini, le patron de TF1 Gilles Pélisson fait confiance à deux anciens de l’état major de Canal+ : Ara Aprikian et son ancien bras droit Xavier Gandon ».

TF1 cherche notamment, à la façon du groupe Canal+ et ses grands programmes (comme Touche pas à mon poste sur C8 avec Cyril Hanouna) à se créer une image de marque qui sera portée par des personnalités fortes. Ara Aprikian parle de cette nécessité d’incarnation : « Nous avons commencé à bâtir un groupe multichaînes cohérent à partir de septembre 2016, notamment en relançant TMC et en la brandant [lui donner une identité plus forte, NDLR] de façon nouvelle en faisant venir Yann Barthès et l’équipe de Quotidien et en attirant les 25-49 ans et les CSP+. En terme de programme, TF1 mise aussi sur un certain renouveau, avec la présentation d’un nouveau jeu The Wall qui devra remplacer fin février l’émission succès Money Drop. Plus de détails sur la stratégie dans sa globalité dans l’article du Point.

Pour aller plus loin…

• Après le parallèle fait entre TF1 et Canal+ par le Point, intéressons nous à la petite guerre les opposant par rapport au débat présidentiel. Plus d’infos…

 

 

C’est tout pour cette semaine, à jeudi prochain pour une nouvelle revue 100% média!

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