De CrossCheck à M6, c’est l’heure de l’actualité médias de la semaine !

C’est parti pour la revue de presse des médias pour la semaine du 22 février au 1er mars !

L’union fait la force pour en finir avec le media-bashing

Lutter contre les « fake news »

On vous l’expliquait il y a quelques semaines, les médias ont déclaré la guerre à la circulation de fausses informations, « fake news » en anglais, devenues virales sur la toile. Si elles ne sont pas nouvelles, les fake news ont récemment provoqué un cataclysme accusées d’avoir influencé le scrutin présidentiel américain et l’issue du Brexit. Or, des échéances politiques importantes approchent sur le Vieux Continent et les médias veulent se prémunir de tout discrédit supplémentaire.

Par manque de rigueur ou sous pressions économiques, nombreux sont les sites qui se sont retrouvés à propager de fausses informations (sans forcément le vouloir). La confusion est telle que certains en viennent même à interroger la différence entre information satirique et calomnie journalistique comme Les Inrockuptibles qui interviewe cette semaine le site parodique Le Gorafi sur sa position dans la bataille pour la vérité.

Le fact-checking, c’est l’arme moderne pour lutter contre la diffamation et le complotisme. Après la création de Décodex, moteur de vérification des sources d’information par les Décodeurs du Monde, des médias s’associent cette semaine sous la houlette du réseau international de fact-checking FirstDraft et du Google News Lab pour créer « Crosscheck » une plateforme collaborative de fact-checking en service au minimum pendant la présidentielle.

Lancé ce mardi 28 février, le projet réunit déjà dix-sept médias français, des classiques comme Le Monde, Libération et Les Echos, des régionaux comme La Voix du Nord et Ouest-France mais aussi, des médias internationaux comme la BBC, L’Agence France-Presse et Google et Facebook. Pour être publiée, une vérification (vrai/faux/invérifiable) devra être corroborée par deux rédactions au minimum. Grégoire Lemarchand, rédacteur en chef adjoint de l’AFP, explique : « Si l’on peut convaincre les gens méfiants sur le travail des médias et qu’ils ne nous traitent pas de « mérdias » ou de « journalopes », la démarche peut être intéressante ».

Des critiques se font déjà entendre quant aux droits de ces médias à déterminer  le vrai du faux mais surtout concernant la sincérité de Facebook dans l’opération. En effet, l’algorithme de ce réseau social a souvent été dénoncé comme favorisant la propagation des informations fausses et Mark Zuckerberg a toujours refusé d’endosser le costume du chevalier blanc de l’information. Pour en savoir plus…

Meta-media pousse la réflexion plus loin en se demandant s’il n’est pas trop tard pour que les médias contre-attaquent. Le fact-checking, journalisme de réaction et non plus d’anticipation, étant la preuve que les médias traditionnels ont perdu la bataille de l’information. Pour en savoir plus…

De l’art de jeter l’opprobre aux journalistes

Mais le discrédit dont souffrent les médias ne vient pas seulement des « fake news » elles-mêmes mais de ceux qui en profitent. Donald Trump, souvent pointé comme le plus grand troll de l’histoire du 2.0 (et pourtant aujourd’hui à la tête de la première puissance mondiale) en sait quelque chose. C’est autour de lui que les notions d’alternative fact ou de post-vérité se développent. La stratégie de captation des internautes autour de sujets secondaires pour éviter les questions importantes lui a aussi énormément servie.

Aussi, le président américain n’a jamais pris de gants pour dénigrer les médias et les empêcher de faire leur travail. Un cap a néanmoins été franchi vendredi 24 février puisque plusieurs médias américains, pourtant tous accrédités, dont le New York Times, CNN et Politico mais aussi l’AFP n’ont pas été invités au point presse du porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer. Pour en savoir plus…

Décidé à contrer les « faits alternatifs » que propose l’administration Trump, le New York Times a investi dans une série de spots télévisés, ce qu’il n’avait pas fait depuis plus de sept ans. Le premier a été diffusé ce dimanche 26 février, pendant la publicité de la cérémonie des Oscars. Il s’agit de mettre en avant le journalisme indépendant dans une véritable campagne de la vérité.

Les politiques français ne sont pas en reste

Tous les deux visaient par des procédures judiciaires, les candidats à la présidentielle, Marine Le Pen et François Fillon, ont coup sur coup, dimanche 26 février et mercredi 1er mars, remis en cause le travail des médias qui seraient au service du fameux « système ».

Quoi de neuf du côté des médias français

Petits nouveaux et vieux briscards

            Référence pour la communauté LGBT, le magazine Têtu a fait son grand retour mardi 28 février avec la sortie du numéro 213 pour mars-avril 2017 après près d’un an et demi d’absence.

La couverture du nouveau

Au vu du succès du site internet relancé fin 2015, Adrien Naselli, nouveau rédacteur en chef et ancien collaborateur France Culture s’est décidé à faire renaître la version papier. Il souhaite  » repositionner Têtu comme un acteur important sur les questions politiques  » et pense trouver son public en ses temps troubles de retour de l’utraconservatisme.

          L’Express fait (encore) peau neuve à peine un an après s’être déjà renouvellé. Guillaume Dubois, directeur général, pointe l’hémorragie de lecteurs dont souffre le magazine en ce qui concerne les ventes en kiosque notamment. La nouvelle stratégie vise donc à limiter les pertes en matière de print et table sur une hausse des abonnements internet pour compenser. Pour y parvenir, des changements de forme et de fond ont été imaginés. Pour en savoir plus…

          Jamais une chaîne de télévision n’aura autant fait parlé d’elle avant même de voir le jour. Pourtant, c’est désormais chose faite. I-télé n’est plus, vive CNews. Le groupe Canal+ a officialisé sa nouvelle chaîne lundi 27 février pour un lancement prévu au départ en octobre 2016. Le groupe dévoile sa stratégie pour le moment bancal afin de rivaliser avec LCI et BFM et reconquérir le public français. Pendant ce temps, les internautes se rient des vieilles gloires du PAF embauchées par Bolloré pour sa « nouvelle » chaîne. Une chose est sûre, on ne risque pas de perdre nos repères…

L’animateur Jean-Marc Morandini dont l’arrivée sur I-Télé avait provoqué la seconde plus longue grève de l’histoire de l’audiovisuel privé d’octobre à novembre dernier démarrera prochainement une émission sur CNews.

           166000 euros. C’est la somme que récoltaient le même jour, les cinquante « Journalistes Associés », tous anciens d’I-Télé, fondateurs d’Explicite. Annoncé il y a quelques semaines, ce nouveau média faisait l’objet d’un crowdfunding sur le site Kiss Kiss Bank Bank. 2410 personnes ont répondu à l’appel et ont permis de dépasser l’objectif de 150000 euros qui était fixé.

Les journalistes se sont engagés à travailler bénévolement pendant six mois afin de produire « une information libre, sans filtre et interactive ». Cette somme doit seulement servir à « financer la production de l’information » comme l’expliquait le descriptif du démarchage.

Coup de maître, coup de gueule et coup d’essai

          Quelques semaines seulement après l’arrivée de Franck Julien, président du groupe industriel Atalian, au sein du capital de Hima Groupe, premier actionnaire de La Tribune, une assemblée générale a voté l’arrêt de travail mercredi 22 février. En cause, l’annonce de la suppression du service macroéconomique du journal. Les salariés refusent que « La Tribune devienne une plateforme publicitaire des entreprises, pour les entreprises ». Pour en savoir plus…

          Du côté du petit écran, la chaîne M6 fêtait ses trente ans mercredi 1er mars. Sans coup d’éclat, il semblerait qu’elle ait réussi le pari de défendre son audience face à la déferlante de la TNT, chose que les autres chaînes généralistes ont beaucoup plus de mal à faire.

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Nicolas de Tavernost, président du directoire depuis 2000, a vu son mandat prolongé jusqu’en 2020. Pas de clinquant et de dépenses superflues pour le groupe, la gestion est la même depuis son lancement, un mot d’ordre : parcimonie. Les objectifs de la chaîne sont la consolidation de l’audience, l’investissement dans des contenus efficaces et le développement de l’offre numérique. Et cela semble fonctionner à merveille !

Enfin, c’est sur le marché de la vidéo à la demande que va se lancer France Télévisions à l’automne prochain. Le groupe a validé ce week-end le projet d’un « Netflix » de l’Hexagone afin de concurrencer ce géant dans le domaine du streaming payant. Le but est aussi de nouer des partenariats avec des producteurs afin de promouvoir la création française.

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La revue 100% médias s’achève ici et vous dit à la semaine prochaine, tranquillement, pour toujours plus d’actu !

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