De Google à France 2, les tops et les flops de l’actu média de la semaine

Bons points pour le Figaro et TF1 qui misent sur la vidéo en ligne pour attirer un public plus jeune, mais mauvaise pioche pour Google et France 2, tous les deux victimes de boycott.

Google dans la tourmente

Leader de la publicité en ligne, Google connaît une hémorragie de clients depuis qu’une enquête du Times paru le 9 mars dernier a révélé que des marques finançaient sans le savoir des sites ou vidéos de propagande terroriste ou extrémiste. Des groupes comme McDonald’s, Honda, Reuters Thomson mais aussi des campagnes d’information du gouvernement britannique pour le don du sang ou le recrutement dans l’armée rapporteraient ainsi des dizaines de milliers d’euros tous les mois à ces sites et ces publications.

Google est censé filtrer les contenus « dérangeants » afin d’éviter ce genre d’incidents mais le Times a mis en évidence l’inefficacité de ce système. Ce qui donne lieu à des mélanges absurdes comme une vidéo néo-nazi et une bannière promotionnelle pour l’association caritative Marie Curie côte à côte. Pour en savoir plus…

Le Figaro part en live

Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Alors que les annonceurs fuient Youtube du fait du scandale de « brand safety » dévoilé par le Times, Le Figaro compte en profiter en lançant Figaro Live dès Avril, un flux de vidéo live et interactif diffusé en continue sur tous les supports du titre et sur les réseaux sociaux. Pour le directeur des rédactions, Alexis Brézet, « ce lancement est aussi important que celui de lefigaro.fr aux débuts des années 2000  ». 4 studios, 30 journalistes dont 15 nouvelles recrues et 7 millions d’euros investis sur 3 ans sont mis a disposition de ce nouveau dispositif pour un budget estimé à 2 millions par an. Concrètement, le Figaro Live c’est un bulletin d’info de 7 minutes chaque heure, « le Brief », du lundi au vendredi de 9h à 19h, et deux grands débats, de 11h à 12h avec des experts et de 17h à 18h avec des éditorialistes. Il poursuivra également les émissions déjà existantes depuis 2007 comme Le Talk ou BuzzTV tout en en créant de nouvelles. Un modèle encore en construction qui avait déjà été expérimenté lors de grands événements comme les élections présidentielles américaines. L’objectif est de passer de 16 millions de vidéos vues par mois à plus de 20 millions.

En réponse à la plate-forme Brut de France Télévision, TF1 a lancé discrètement la semaine dernière TF1 One, sa propre chaîne d’information vidéo 100 % réseaux sociaux, conçue avec MinuteBuzz, dont TF1 avait annoncé en décembre le rachat d’une part majoritaire. Les vidéos fonctionnent sur le même principe : d’une durée de moins d’une minute et avec des sous titres pour une lecture sans son. Il s’agit pour TF1 de capter un public plus jeune. On trouve par exemple des extraits en musique du grand débat diffusé sur les chaînes du groupe la semaine dernière, ou encore des vidéos sur une troupe de comédiens SDF ou sur des passages piétons pour accros au smartphone aux Pays-Bas.

Le groupe Prisma Media quant à lui a fait le choix du podcast en s’associant à Deezer. Cinq titres du groupe (Capital, Femme actuelle, Business Insider, Ça m’intéresse et Voici) produiront des podcasts pour la plate-forme de streaming afin de toucher un plus large public, notamment les jeunes de 25-35 ans, et de les orienter vers la production kiosque. Pour Deezer, cela lui permet de se démarquer de ses concurrents, Apple Music et Spotify.

Tous des cancres ?

Selon “L’information à tout prix”, une étude réalisée par l’économiste Julia Cagé et les chercheurs de l’INA Nicolas Hervé et Marie Luce Viaud, 64 % du contenu media publié en ligne serait du copié collé d’autres articles, et notamment de dépêches AFP. Seulement 21 % des articles étudiés par les chercheurs sont entièrement originaux. En cause, la course au buzz, mais aussi la baisse du nombre de journalistes dans les rédactions. En France, le nombre de journalistes encartés est passé de 37 904 en 2009 à 35 238 en 2016, sans parler des États-Unis où le nombre de journaliste pourrait chuter à 6800 d’ici 2025 si la tendance se poursuit. L’étude montre aussi la rapidité avec laquelle une information publiée sur un site est reprise par les autres médias. S’il faut en moyenne trois heures, plus de la moitié des événements donne lieu à une reprise en seulement 25 minutes et un quart en 230 secondes. Cependant, moins de la moitié citent leur source qui est, dans 50 % des cas, l’AFP. En revanche, lorsqu’une information inédite est mise en ligne par un pure player, il faut en moyenne 7 heures pour qu’elle soit reprise par un concurrent ou l’AFP, le temps de vérifier l’information. Pour en savoir plus…

Mélenchon snobe le débat de France 2

Nouveau débat, nouvelle polémique. Après TF1, critiqué pour ne pas avoir invité tous les candidats, France 2 est à son tour mis en cause. Si les 11 candidats ont bien tous été invités par la chaîne, c’est la date, le 20 avril, soit deux jours avant le premier tour, qui pose problème. Le candidat de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon a donc annoncé dans un billet publié sur son blog ne pas vouloir participer au débat télévisé de France 2 :

« La chaîne ne s’est pas demandé si nous sommes d’accord pour mettre en jeu toute notre campagne 48 heures avant le vote, ni ce que nous avions prévu de faire à cette date, ni s’il est décent et conforme qu’une campagne électorale s’achève par un événement auquel il est impossible de répliquer le cas échéant »

Le candidat En Marche Emmanuel Macron, favori des sondages, a également exprimé ses réticences à participer à un second débat à 11 « de dernière minute », ce qui remet sérieusement en cause la tenue de ce débat. France 2 avait pourtant assuré avoir reçu l’accord de tous les candidats. La chaîne se défend en fustigeant « des attaques inacceptables » de la part de Jean-Luc Mélenchon à l’égard de la chaîne qu’il avait déjà attaqué en qualifiant « L’émission politique » de « traquenard », qui fonctionne « comme un spectacle, dont la volonté de mise à mort est tellement évidente qu’elle est insupportable même quand un de nos adversaires y est soumis ! ». En attendant, BFMTV et CNEWS organise le premier débat avec tous les candidats le 4 avril prochain.

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