La dernière actu de l’année : le FN choisit ses journalistes, France Télévisions se netflixise

Présidentielle.
Front National, le mauvais presse sentiment

À quelques heures des résultats, et face à sa défaite annoncée, le Front National a privé de nombreux médias de leur accréditation. Provoquant un mouvement de boycott parmi les titres de presse non-bannis.

Le dimanche 7 mai, jour du second tour de l’élection présidentielle, plusieurs médias se sont vu refuser l’accès au quartier général du Front National. Parmi eux, les sites d’information en ligne Rue89, StreetPress, Explicite, Brut, Konbini, Buzzfeed, Mediapart, mais également les équipes de l’émission de Yann Barthès Quotidien et de chaînes de télévision internationales dont SkyNews (Grande-Bretagne) et la Rai (Italie).

Le parti frontiste a justifié ces évictions par un « manque de place » dans son QG. En signe de protestation, plusieurs autres titres ont décidé de boycotter la couverture de la soirée.

 

Libération a également fait partie des absents « volontaires », dans la lignée de son combat non-dissimulé contre Marine Le Pen, comme en témoigne sa Une de la veille du second tour.

Les médias qui ont décidé d’annuler leur venue ont reçu un large appui sur les réseaux sociaux. Si la presse nationale s’est en partie exclue volontairement de la soirée, les grandes chaînes télévisées ont toutefois maintenu leurs équipes sur place.

Quid de ceux qui sont restés ? A 20 heures dimanche, le HuffPost publiait un article dénonçant une sécurité intrusive dans le travail des journalistes. Au programme pour les envoyés sur place : fouille des sacs, surveillance scrupuleuse des services d’ordre du parti et entassement dans une salle minuscule.

Des événements qui font malheureusement écho au classement de Reporters sans Frontières sur la liberté de la presse, évoqué dans notre publication de la semaine dernière, qui classe la France 39è pays sur 180 en la matière, loin derrière l’Afrique du Sud ou encore le Costa Rica.

A noter que dans le même temps, les médias pro-russes Russia Today et Sputnik n’ont pas pu accéder au QG d’En Marche !, où l’on fêtait la victoire d’Emmanuel Macron.


Audiovisuel public.
France Télévisions lance sa révolution à la Netflix

Le groupe lance une nouvelle plateforme en ligne, France.tv, qui regroupe l’accès à l’ensemble de ses programmes.

Adieu Pluzz, Francetvinfo.fr et consorts. France Télévisions a lancé cette semaine sa nouvelle plateforme de visionnage en ligne : France.tv.

Le concept, très bien expliqué sur cette courte vidéo, c’est la centralisation de l’accès aux programmes de l’ensemble des chaînes du groupe public. « Si vous tapez aujourd’hui “Rendez-vous en terre inconnue” dans un moteur de recherche, trois ou quatre sites différents remontent : celui de la chaîne, le replay, la VOD », explique au journal Le Monde le directeur délégué chargé de la vidéo à la demande Julien Borde. En reprenant cet exemple, france.tv regroupera l’ensemble des contenus liés à l’émission de Frédéric Lopez.

Ces dernières années, les sites permettant l’accès aux vidéos de France Télévisions avaient eu tendance à s’accumuler. Environ 300 sites seront fermés, et leurs contenus centralisés sur France.tv.

France Télévisions prend ainsi le pli de l’évolution des modes de consommation vers le replay et la VOD, avec l’objectif d’atteindre 1 milliard de vues mensuelles en 2020, contre moitié-moins aujourd’hui.

Cette plateforme intuitive et simplifiée à l’extrême est largement inspirée du modèle de Netflix. Et l’inspiration va même bien au-delà, puisqu’une option payante sera également proposée à partir de septembre, avec l’accès premium à la vidéo à la demande et aux créations de neuf sociétés de production françaises.


Photojournalisme.
60 euros et puis c’est tout

Par voie de décret, le gouvernement a décidé de fixer à 60 euros la rémunération minimale de la pige de cinq heures. Les photojournalistes s’insurgent. 

Dans un communiqué du Syndicat national des journalistes, relayé par Acrimed, les photojournalistes se sentent trahis par ce qu’ils appellent le « dernier coup bas du quinquennat Hollande ».

60 euros la commande pour « un temps minimum d’exécution » de cinq heures. Un tel salaire ne permettra pas aux photographes rémunérés à la pige de vivre décemment. Il ne leur permettra pas non plus de renouveler leur matériel. – SNJ

Pour en savoir plus, le texte paru au Journal officiel est disponible ici.

 



Ailleurs dans le vaste monde des médias…

  • Opération datavisualisation réussie pour le partenariat Microsoft – France Télévisions. Les deux marques se sont associées lors des deux soirées de l’élection présidentielle pour permettre une visualisation en direct des résultats sur la carte de France. L’installation d’écrans tactiles géants dans la rédaction de France Info a été pensée dans l’objectif de promouvoir ce type d’opérations de datajournalisme live.

  • Ce que veulent les annonceurs ? De l’innovation dans les médias ! L’Ifop a interrogé des annonceurs pour connaître leurs critères de sélection des médias dans lesquels ils choisissent de payer des espaces publicitaires. Résultat : l’innovation, qu’elle soit éditoriale ou dans un but d’interactivité, est la clé de l’attractivité pour les annonceurs. Loin devant la diffusion de vidéos ou la création de contenus en réalité virtuelle.  Les résultats de l’étude sont à voir ici.

  • Le mercato estival des journalistes commence toujours plus tôt. Patrick Cohen a annoncé, le mercredi 10 mai, qu’il quitterait le micro France Inter où il anime la première matinale de France (près de 2 millions d’auditeurs quotidiens) pour rejoindre Europe 1 à la rentrée. Nicolas Demorand, à la tête de la matinale d’Inter de 2006 à 2010, retrouvera sa place en septembre aux côtés de Léa Salamé.

  • Le New-York Times a connu un premier trimestre 2017 très prospère. Le titre américain a gagné près de 350.000 abonnés en ligne sur le début d’année, largement boosté par l’arrivée au pouvoir de Donald Trump. Sur un an, les revenus issus du journal papier sont également en hausse de plus de 11%. La recherche d’une information fiable de la part des américains, qui explique ces résultats, permet d’équilibrer les pertes en revenus publicitaires.

 

Tom CARIOU



C’était la dernière pour cette année.

Nous vous souhaitons à tous un très bel été.

On se quitte sur la meilleure campagne de promotion de l’année.